3 questions à John Peet

Dans le dossier que "The Economist" consacre aux 50 ans des traités de Rome, vous soutenez que l'Union européenne a des priorités plus urgentes que ressusciter le traité constitutionnel...

Ce dont l'Europe a besoin en premier lieu, c'est de réformes économiques et de croissance. Il faut accroître la flexibilité de l'économie et du marché du travail, et poursuivre la politique de libéralisation.

Quelle est, selon vous, l'option qui permettra de sortir la constitution de l'impasse ?

Certainement pas un traité "plus". Je pense que le scénario le plus probable est que les Vingt-sept n'arrivent pas à se mettre d'accord sur la question. Ou alors sur un traité minimal, encore plus petit que celui proposé par Nicolas Sarkozy. La réponse dépendra en partie de l'issue de la présidentielle française. Si Ségolène Royal gagne, on peut dire adieu au traité. Et quand Gordon Brown remplacera Tony Blair, ce sera encore plus difficile. Il fera tout pour éviter la tenue d'un référendum en Grande-Bretagne. Cela dit, il fera peut-être des concessions sur certains points, en échange d'une de la Politique agricole commune.

L'euroscepticisme des Britanniques est-il incurable ?

Sans doute seront-ils toujours un peu différents (rire). Ce qui compte pour eux, c'est l'économie. Et s'ils constatent un jour que leur économie est moins performante que celle de l'UE, ils pourraient changer de point de vue. Je n'exclus même pas qu'un jour, encore lointain, la Grande-Bretagne rejoigne la zone euro.

© La Libre Belgique 2007