Amorce de dialogue israélo-arabe

Israël engagera jeudi au Caire ses premières discussions formelles avec la Ligue arabe sur le plan de paix que celle-ci a reformulé le mois dernier lors de son sommet à Ryad, a-t-on appris lundi de source autorisée à Jérusalem.

Amorce de dialogue israélo-arabe
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Israël engagera jeudi au Caire ses premières discussions formelles avec la Ligue arabe sur le plan de paix que celle-ci a reformulé le mois dernier lors de son sommet à Ryad, a-t-on appris lundi de source autorisée à Jérusalem. La chef de la diplomatie israélienne Tzipi Livni se rendra dans la capitale égyptienne à l'occasion de cette "première séance formelle" avec la Ligue arabe, représentée par les ministres égyptien et jordanien des Affaires étrangères.

Adopté dès 2002 à l'instigation de l'Arabie Saoudite, qui a décidé de le relancer cette année, le plan arabe offre à Israël une paix totale en échange de son retrait de tous les territoires occupés en 1967. L'Egypte et la Jordanie, qui ont conclu des accords de paix avec l'Etat juif respectivement en 1979 et 1994, ont été choisies par la Ligue pour constituer le groupe de travail chargé de pousser le plan auprès d'Israël, qui a exprimé des réserves mais aussi de l'intérêt à son sujet.

Tout en réitérant cet intérêt pour l'initiative arabe, que la Ligue veut voir servir de base de discussion préalable, Tzipi Livni a prévenu lundi ses partenaires que la présenter comme un plan comme "à prendre ou à laisser" ne conduirait qu'à prolonger l'impasse dans le processus de paix. "Vendre un plan à Israël, en disant que tels sont les paramètres d'un règlement final, est erroné. Je pense que cela peut conduire à la stagnation", a-t-elle dit en marge d'une visite de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier. Tzipi Livni, dit-on à son ministère, sera chargé au Caire de "voir s'il est possible d'avancer" sur la base de l'offre arabe, qui implique la création d'un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza avec Jérusalem-Est pour capitale et un "règlement juste" du problème des réfugiés.

De source diplomatique occidentale, on exprime des doutes, les réserves israéliennes portant sur des questions clés comme la redivision de Jérusalem, le retour aux frontières d'avant juin 1967 et le rapatriement des réfugiés du conflit de 1948. "Les dirigeants modérés arabes ne peuvent pas bien sûr remplacer les Palestiniens comme partenaires de paix, mais ils peuvent fournir un climat qui incite à la modération", a déclaré le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Mark Regev.

A l'instigation des Etats-Unis, le Premier ministre Ehoud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas sont convenus de se rencontrer tous les quinze jours mais le premier refuse de discuter des questions de fond avec le second tant que son gouvernement, dirigé par le Hamas, refuse de reconnaître l'Etat juif. Selon Mme Livni, "il est grand temps que la Ligue arabe soutienne les modérés de l'Autorité palestinienne et leur offre la possibilité de faire des compromis sur certaines questions ayant trait au conflit israélo-palestinien, et qu'elle cesse de présenter (sa) position comme à prendre ou à laisser". (Reuters)

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