L'Italie se divise sur la notion de famille

Des centaines de milliers de personnes, parmi lesquelles deux ministres du gouvernement de Romano Prodi, se sont rassemblées samedi à Rome à l'occasion du "jour de la famille" pour dénoncer le Dico, le projet de Pacs à l'italienne qui divise la coalition de centre gauche au pouvoir.

REUTERS
L'Italie se divise sur la notion de famille
©EPA

Des centaines de milliers de personnes, parmi lesquelles deux ministres du gouvernement de Romano Prodi, se sont rassemblées samedi à Rome à l'occasion du "jour de la famille" pour dénoncer le Dico, le projet de Pacs à l'italienne qui divise la coalition de centre gauche au pouvoir.

D'un côté, plus d'un demi-million de manifestants venus de toute la péninsule se sont massés devant la basilique Saint-Jean de Latran, cathédrale de Rome et "mère et tête" de toutes les églises du monde, en scandant au son des tambourins des slogans en faveur de la famille. Les partisans du Dico, eux, étaient quelques centaines réunis un peu plus loin, place Navone, au coeur de Rome, pour un contre-rassemblement sous la bannière du collectif" Courage laïque".

À côté de la scène dressée devant la basilique Saint-Jean, un immense gâteau de mariage en carton avait été érigé. Des religieuses, des parents et des enfants scandaient "Vive la famille". Une pléiade d'hommes politiques de droite, parmi lesquels Silvio Berlusconi, et quelques ministres du gouvernement de Romano Prodi étaient présents. "La famille est en danger car plus vous laissez de liberté en proposant des unions différentes du schéma familial constitué d'un père, d'une mère et d'enfants, plus la société risque de se désintégrer", a dit William Bergamini, un manifestant.

Les organisateurs de la manifestation, une vaste coalition de mouvements catholiques, avaient fait une publicité monstre en faveur de l'événement.

De l'autre côté, place Navone, des centaines de personnes ont témoigné leur soutien à une société laïque et défendu les droits des couples homosexuels. Certains brandissaient des drapeaux communistes, d'autres tenaient des banderoles. "Benoît XVIe siècle", pouvait-on lire sur une banderole, qui dénonçait l'opposition du pape au mariage homosexuel.

Désaccords dans la coalition

Devant Saint-Jean de Latran, la présence du ministre de la Justice, Clemente Mastella, un fervent catholique, et de son collègue de l'Éducation, Giuseppe Fioroni, a été remarquée. Bien que membres du cabinet Prodi, ils sont opposés au projet d'union civile qui concernerait notamment les homosexuels.

"Le message de ce rassemblement, c'est qu'un dialogue est nécessaire pour répondre aux besoins de la famille, l'une des plus grandes priorités de la nation", a déclaré Fioroni, venu avec son fils.

Le gouvernement était également représenté Place Navone, où le collectif" Courage laïque" marquait le 33e anniversaire du référendum sur le divorce, puisque la ministre de la Politique communautaire, Emma Bonino, avait fait le déplacement.

Appel au calme

À Milan, interrogé par Radio24 quelques heures avant ces deux manifestations, le président du Conseil a souhaité que l'Italie parvienne enfin à surmonter la querelle "entre les Guelfes et les Gibelins", rappelant les guerres entre partisans du pape et ceux de l'empereur d'Allemagne, qui ruinèrent la péninsule pendant le Moyen Âge.

Romano Prodi a défendu la valeur "très importante" de la famille mais aussi celle de la "laïcité de l'Etat", plaidant pour le dialogue, la coexistence entre croyants et incroyants, et le refus des tensions.