Les autorités accusent le PKK

L'attentat commis mardi à Ankara est une attaque suicide et la nature des explosifs utilisés permet de privilégier la piste des rebelles kurdes, a déclaré mercredi le gouverneur de la capitale turque. Le bilan de cet attentat à l'entrée d'un centre commercial du quartier historique d'Ulus a été porté à six morts.

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Les autorités accusent le PKK
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L'attentat commis mardi à Ankara est une attaque suicide et la nature des explosifs utilisés permet de privilégier la piste des rebelles kurdes, a déclaré mercredi le gouverneur de la capitale turque. Le bilan de cet attentat à l'entrée d'un centre commercial du quartier historique d'Ulus a été porté à six morts. " L'identification de restes humains (du kamikaze) a montré qu'ils appartenaient à Guven Akkus, un homme né en 1979 à Sivas ", a déclaré Kemal Onal à la sortie d'une réunion extraordinaire du gouvernement. " Il est admis que cet incident a été provoqué par l'explosion d'une bombe au plastic attachée au corps de cet individu et la nature de cet incident correspond aux méthodes de l'organisation séparatiste ", a ajouté le gouverneur d'Ankara.

Mais le PKK a démenti être responsable de cet attentat. " Nous ne sommes aucunement liés à l'attentat ", a déclaré le groupe séparatiste dans un communiqué. Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a pris les armes en 1984 pour obtenir un Etat indépendant dans le Sud-Est de la Turquie. Les autorités lui imputent plus de 30 000 morts. Cette organisation a déjà commis des attentats suicides. La Turquie a réclamé à plusieurs reprises à l'Irak et aux Etats-Unis d'intervenir contre les quelque 4 000 combattants du PKK qui seraient réfugiés dans le nord de l'Irak, d'où ils lanceraient des attaques sur le territoire turc. Interrogé mercredi sur cette éventualité, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a répondu : " Nos forces de sécurité feront tout ce qui est nécessaire, de A à Z, contre le terrorisme ." Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis, a mis fin le 18 mai à un cessez-le-feu unilatéral et les experts des questions de sécurité s'attendaient en conséquence à de nouvelles attaques.

Les journaux "Hurriyet" et "Radikal" affirment que la bombe a explosé peu de temps avant le passage d'un convoi de commandants militaires, notamment du général Buyükanit, qui devaient se rendre à une réception. Or, l'attentat survient dans un contexte de vive tension entre le gouvernement issu de la mouvance islamiste et les institutions judiciaires et militaires, qui se présentent comme les gardiennes des principes laïques de la république.

L'agence anatolienne de presse a quant à elle signalé mercredi l'arrestation de deux personnes en possession d'explosifs à Adana, dans le sud de la Turquie. L'un des suspects, une femme, projetait d'utiliser cette charge pour commettre un attentat suicide, a déclaré Ilhan Atis, gouverneur d'Adana. Cette femme a été interpellée alors qu'elle tentait de fuir dans une voiture.

L'économie turque s'appuie en partie sur le secteur touristique et la crainte d'une instabilité en Turquie a contribué à faire baisser la lire mercredi sur le marché des changes.