L'armée afghane est désormais prête à déployer 24000 soldats

Près de 24000 soldats afghans sont désormais "en position de combattre", estime le brigadier général Kurt Pedersen, responsable au sein de l'Isaf pour la formation de l'Armée nationale afghane (ANA). "A ce jour, nous avons formé 48 000 soldats, dont 24 000 sont en position de combattre", a-t-il dit lors d'une interview réalisée jeudi par liaison satellite entre Bruxelles et Kaboul.

L'armée afghane est désormais prête à déployer 24000 soldats
©AP
Christophe Lamfalussy

Près de 24000 soldats afghans sont désormais "en position de combattre", estime le brigadier général Kurt Pedersen, responsable au sein de l'Isaf pour la formation de l'Armée nationale afghane (ANA). "A ce jour, nous avons formé 48 000 soldats, dont 24 000 sont en position de combattre", a-t-il dit lors d'une interview réalisée jeudi par liaison satellite entre Bruxelles et Kaboul.

Cette formation - une priorité de l'Otan - est cruciale pour les pays occidentaux car c'est elle qui déterminera à quel moment les quelque 40000 soldats de la force internationale pourront commencer à se retirer de ce pays carrefour de l'Asie centrale.

Pedersen estime que l'Isaf aura rempli ses objectifs, c'est-à-dire former 70000 soldats afghans, pour la fin 2008.

Cette mission d'assistance est un véritable défi pour l'Alliance atlantique. Très peu d'officiers afghans parlent l'anglais. Les officiers de l'Otan ne connaissent ni le farsi, ni le pachtou. Et l'illettrisme fait des ravages. "Certains officiers de l'armée afghane sont incapables de lire leurs propres ordres", explique le brigadier général norvégien.

La formation par l'Otan tourne autour de trois piliers : l'entraînement proprement dit qui dure dix semaines soit à Kaboul, soit dans un des quatre centres régionaux; la donation d'équipements; enfin le développement des Operational Mentor and Liaison Teams (OMLT), des équipes d'instructeurs qui accompagnent les unités afghanes.

Confrontées à des talibans de mieux en mieux armés, les forces afghanes ont besoin d'un armement plus sophistiqué que la traditionnelle kalachnikov que les moudjahidines ont utilisée pendant un quart de siècle.

"Nous cherchons surtout des véhicules blindés qui vont accroître la mobilité de l'ANA", dit Pedersen. Chaque pays membre de l'Otan est appelé à contribuer, par exemple en donnant des armes devenues obsolètes.

Ainsi la République tchèque vient de livrer aux Afghans 20 000 pistolets automatiques et 650 mitrailleuses. Elle promet aussi pour la mi-2009 douze hélicoptères russes MI-17 et MI-24. Le Luxembourg lui a financé l'achat de gilet pare-éclats et de kevlar. La Belgique ne participe pas à ce programme.

L'Otan a aussi un besoin crucial d'instructeurs. Elle peut compter sur 27 équipes dites OMLT sur les 46 dont elle a besoin. Le Pentagone estime ainsi qu'il lui faudrait deux fois plus d'instructeurs américains, soit 3400, pour entraîner de son côté l'armée afghane.

L'armée afghane participe progressivement aux opérations contre les talibans dans le Sud. A certaines occasions, elle en a même pris le leadership. Mais elle reste une force dotée d'un armement hétéroclite, et surtout mal payée, pas plus de 70 dollars par mois en moyenne.