Une campagne de soutien néfaste?

La Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, otage de la guérilla colombienne des Farc depuis 2002, s'est inquiétée de la campagne internationale en sa faveur car elle lui a donné une certaine valeur aux yeux des guérilleros, a révélé un ex-otage qui a été détenu avec elle. Il n'y a plus d'interlocuteur chez les Farc

AFP
Une campagne de soutien néfaste?
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La Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, otage de la guérilla colombienne des Farc depuis 2002, s'est inquiétée de la campagne internationale en sa faveur car elle lui a donné une certaine valeur aux yeux des guérilleros, a révélé un ex-otage qui a été détenu avec elle. "Cela l'inquiétait car elle s'est rendu compte que cela finissait par la valoriser, ce qui rendait difficile, pour des raisons évidentes, sa libération", a déclaré l'ancien parlementaire Luis Eladio Pérez, dans un entretien publié par la revue Semana dimanche.

M. Perez qui avait tenté de s"évader avec Ingrid Betancourt était devenu pendant quatre ans le confident de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle colombienne. Il a également indiqué que la campagne en faveur de la libération d'Ingrid Betancourt a "provoqué beaucoup de jalousies à son encontre". M. Perez a également déclaré qu'Ingrid Betancourt "n'était pas seulement confrontée à la privation de sa liberté, mais aussi à l'entourage des autres otages, en étant une femme au milieu de beaucoup d'hommes en abstinence sexuelle depuis 10 ans", a-t-il dit en faisant allusion à plusieurs policiers otages des Farc.

Ingrid Betancourt fait partie des 39 otages dits "politiques" que les Forces armées révolutionnaires colombiennes (Farc), en lutte contre les autorités colombiennes depuis 1964, proposent d'échanger contre 500 guérilleros emprisonnés. L'ancien parlementaire qui a été libéré unilatéralement par la guérilla le 27 février dernier avec trois autres anciens élus a répété que Mme Betancourt a été enchaînée après sa tentative d'évasion et qu'elle ne bénéficie d'aucune intimité.

M. Perez a également déclaré que l'un des moments les plus difficiles de la captivité de Mme Betancourt a été celui où elle a appris la mort de son père. "Elle a réagi de façon désespérée, jusqu'à vouloir se jeter dans la rivière", a-t-il dit. L'ancien sénateur a vu Ingrid Betancourt pour la dernière fois le 4 février dernier, alors qu'elle se trouvait déjà, selon lui, en mauvaise santé.