Ingrid Betancourt: "Avant qu'il ne soit trop tard..."

L'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt est en grève de la faim depuis le 23 février, a affirmé mardi le président de son comité de soutien Arnaud Mangiapan, reçu à l'Elysée. Le président Nicolas Sarkozy lance un appel au chef des farc. L'appel de Nicolas Sarkozy"Il faut cesser toutes les opérations militaires"

AFP
Ingrid Betancourt: "Avant qu'il ne soit trop tard..."
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L'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt est en grève de la faim depuis le 23 février, a affirmé mardi le président de son comité de soutien Arnaud Mangiapan, reçu à l'Elysée. Le président Nicolas Sarkozy "prendra une initiative importante dans les heures à venir", a affirmé l'Elysée à l'issue de cette rencontre.

"Ingrid est en danger de mort imminente", lance Nicolas Sarkozy dans un message adressé au chef des FARC Manuel Marulanda et rendu public mardi. "L'état de santé d'Ingrid s'est détérioré si gravement que sa vie est désormais menacée", souligne le président français. "Relâchez Ingrid Betancourt!", lance-t-il. "La France n'attend qu'un signal de votre part pour organiser aussitôt (...) une mission humanitaire".

"Ingrid est au plus mal", a affirmé M. Mangiapan, après avoir remis à Nicolas Sarkozy 602.000 signatures de la pétition pour la libération de l'otage des FARC en Colombie. "Des sources relativement sûres annoncent qu'elle a commencé une grève de la faim le 23 février. Cela fait donc maintenant un mois", a-t-il affirmé. "Une grève de la faim en milieu hospitalier, c'est déjà très dangereux. Dans le milieu de la jungle, c'est mortel. Donc, il est évident que, pour Ingrid, il y a une urgence absolue maintenant."

Remise d'une pétition au président Nicolas Sarkozy, appel à une "marche blanche": la famille d'Ingrid Betancourt veut relancer la mobilisation au moment où les tractations s'intensifient pour libérer l'otage franco-colombienne dont les nouvelles sont alarmantes. Signe de cette volonté, les comités de soutien remettaient mardi au président Nicolas Sarkozy plus de 600.000 signatures de la pétition lancée sur le site www.AgirpourIngrid.com exigeant un "accord humanitaire" entre les autorités colombiennes et la guérilla des Farc pour mettre fin à la crise des otages en Colombie.

De son côté, le fils de l'ex-candidate à la présidentielle colombienne, Lorenzo Delloye, appelle à soutenir plus que jamais les efforts pour la libération de sa mère qui "va très mal" après six années passées dans la jungle aux mains des Farc, dans une vidéo diffusée depuis lundi aux médias. "Il y a une urgence. Urgence pour la vie. Urgence pour la liberté. Ma mère est otage des Farc depuis six ans et va très mal. Ce n'est qu'une question de semaines", dit-il. "Alors, s'il vous plaît venez nombreux, venez nombreux à la marche blanche du 6 avril", qui sera organisée à Paris et dans plusieurs villes de France, ajoute-t-il.

Les participants sont appelés à "venir tout de blanc vêtus, en symbole de paix". "Il faut se mobiliser avant qu'il ne soit trop tard. Nous devons extirper Ingrid Betancourt au plus vite, sans quoi elle mourra", renchérit Hervé Marro, porte-parole du comité de soutien qui organise cette marche. "Nous prenons très au sérieux les informations selon lesquelles elle a cessé de s'alimenter et refuse de se soigner", dit-il.

La fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt a publié mardi, avec la Fédération internationale des droits de l'Homme, une lettre ouverte adressée au président colombien Alvaro Uribe lui demandant d'ordonner "l'arrêt immédiat de toutes les opérations militaires" qui mettraient en péril la vie des otages.

Elles soulignent leur "immense préoccupation" face "aux opérations militaires et les bombardements (qui) continuent et s’intensifient" dans les zones où les otages sont retenus. "Monsieur le Président, nous sommes dans une course contre la montre et contre la mort", réaffirment ces deux organisations. Car les témoignages s'accumulent selon lesquels Ingrid Betancourt refuse de s'alimenter et de se faire soigner alors qu'elle souffre d'une rechute d'hépatite B et de la leishmaniose, maladie qui attaque la peau et parfois le foie.

Le Premier ministre François Fillon a confirmé mardi que la France était prête à accueillir des membres des Farc qui seraient libérés par Bogota en échange d'otages, dont Ingrid Betancourt, et qu'elle leur accorderait le statut de "réfugiés politiques". Selon des sources proches du dossier, les Farc n'auraient pas encore répondu aux propositions de Paris.

La radio privée colombienne Caracol a toutefois interprété comme un mauvais signe les dernières déclarations du chef de la guérilla marxiste Manuel Marulanda. Celui-ci a estimé que Bogota avait, en tuant début mars Raul Reyes, le numéro deux des Farc, "gravement compromis l'échange de prisonniers et la paix".

Ingrid Betancourt fait partie des 39 otages dits "politiques" que la guérilla des Farc, en lutte depuis 1964 contre les autorités colombiennes, veut échanger contre 500 guérilleros emprisonnés.