L'appel de Sarkozy: "Relâchez Ingrid Betancourt!"

"Ingrid est en danger de mort imminente", avertit-il alors que l'otage franco-colombienne est en grève de la faim depuis le 23 février selon son comité de soutien. Comme il l'avait déjà fait le 6 décembre dernier, le président français a enregistré un message radio-télévisé à destination du chef des guérilleros qui détiennent Ingrid Betancourt depuis plus de six ans. "Avant qu'il ne soit trop tard""Il faut cesser toutes les opérations militaires"

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L'appel de Sarkozy: "Relâchez Ingrid Betancourt!"
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"Relâchez Ingrid Betancourt!", a lancé mardi Nicolas Sarkozy dans un message adressé au chef des FARC Manuel Marulanda. "Ingrid est en danger de mort imminente", avertit-il alors que l'otage franco-colombienne est en grève de la faim depuis le 23 février selon son comité de soutien. Comme il l'avait déjà fait le 6 décembre dernier, le président français a enregistré mardi après-midi un message radio-télévisé, sous-titré en espagnol, à destination du chef des guérilleros qui détiennent Ingrid Betancourt depuis plus de six ans.

Auparavant, Nicolas Sarkozy avait reçu à l'Elysée le comité de soutien de l'ancienne candidate écologiste à la présidentielle colombienne. Selon le président de ce comité, Arnaud Mangiapan, Ingrid Betancourt "a commencé une grève de la faim le 23 février (...) Donc il est évident que, pour Ingrid, il y a une urgence absolue maintenant". Une inquiétude visiblement partagée par le chef de l'Etat. "Ingrid est en danger de mort imminente", affirme-t-il dans son message. "Relâcher Ingrid Betancourt! (...) La France n'attend qu'un signal de votre part pour organiser aussitôt, en liaison avec les autorités compétentes, une mission humanitaire."

Un avion français est disponible depuis vendredi soir, prêt à partir pour accueillir Ingrid Betancourt dans l'hypothèse où elle serait libérée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). "C'est maintenant et c'est tout de suite. Il en va de la vie d'une femme", insiste Nicolas Sarkozy. "Les dernières informations qui nous parviennent au sujet d'Ingrid Betancourt et les témoignages d'anciens otages sont profondément alarmants (...) L'état de santé d'Ingrid s'est détérioré si gravement que sa vie est désormais menacée", souligne le président français. "Elle n'a plus la force de résister à une captivité interminable qui s'enfonce dans la tragédie."

"J'attends donc de vous la marque d'humanité sans laquelle tout s'enlisera de nouveau", dit-il à Manuel Marulanda. "Puisqu'il suffit désormais d'une décision de votre part pour sauver une femme de la mort (...) Prenez cette décision, relâchez Ingrid Betancourt!" Le président colombien Alvaro Uribe a proposé de libérer des guérilleros des FARC si la guérilla colombienne acceptait de relâcher Ingrid Betancourt. La France est quant à elle prête à accueillir sur son sol des militants des Forces armées révolutionnaires de Colombie dans le cadre d'un accord.

En la libérant, ainsi que les "otages qui sont les plus affaiblis", "vous rendrez compréhensible votre discours" et "vous ouvrirez des perspectives pour la paix", souligne Nicolas Sarkozy. Dans le cas contraire, "ce serait une faute politique grave en plus d'une tragédie humanitaire. Ce serait un crime, vous seriez responsable de la mort de cette femme", prévient-il. "Chacun est désormais placé devant ses responsabilités. Vous avez les vôtres, assumez-les."

Les comités de soutien d'Ingrid Betancourt ont remis mardi à Nicolas Sarkozy les 602.000 signatures de la pétition en faveur de la libération de l'otage. Ils appellent à une "marche blanche" dimanche prochain à Paris et en province. "C'est la mobilisation qui sera déterminante", a observé le porte-parole du comité de soutien, Hervé Marro. "Il faut qu'il y ait des milliers de Français qui viennent parcourir les rues de Paris et de province et que la France montre combien sa détermination est inébranlable: nous voulons récupérer Ingrid Betancourt en vie."


La fille d'Ingrid tiendrait les Farc pour responsables de la mort de sa mère La fille de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, Mélanie Delloye, a appelé mardi la guérilla des Farc à répondre au message du président français Nicolas Sarkozy en libérant sa mère, avertissant que les guérilleros seraient "les premiers responsables" de sa mort. "C'est un message aux Farc très important et j'espère vraiment qu'ils vont l'écouter puisque maman est en effet en train de mourir", a réagi Mélanie Delloye, interrogée par la radio RTL depuis New York où elle étudie. "Les Farc doivent se rendre compte aujourd'hui que, s'il arrive quoi que ce soit à maman, ce seront eux les premiers responsables, qu'il n'y aura plus aucun avenir politique pour eux", a-t-elle mis en garde. "Avec tout ce qu'elle a vécu, avec tout ce qu'elle a enduré, la force avec laquelle est s'est battue, on ne peut pas la laisser mourir alors que justement aujourd'hui une libération est possible".