Urgence humanitaire

La France envoie une mission humanitaire au secours d'Ingrid Betancourt. Le Président Uribe aurait suspendu les opérations militaires dans le sud-est. Pour Lorenzo Betancourt, son fils, soit on la libère, soit on l'enterre...La mission humanitaire est arrivée en Colombie La mission doit se poursuivre dans le secretL'édito audio de Vincent Slits

Urgence humanitaire
©EPA

La France a lancé mercredi, en collaboration avec l'Espagne et la Suisse et "en liaison avec les autorités concernées", une mission humanitaire en Colombie, afin de venir en aide, dans l'hypothèse d'une libération par les Forces armées révolutionnaires de Colombie, à la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, jugée "en danger de mort imminente" par le président Nicolas Sarkozy, dans l'allocution solennelle qu'il a diffusée la veille. "Tout ce que nous avons pu faire humainement, nous l'avons fait. Il faut maintenant attendre que nos envoyés spéciaux, le médecin, puissent parvenir sur le terrain. Ce n'est pas simple. C'est physiquement très difficile et moralement aussi très difficile", a indiqué le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner.

En réponse à la décision des autorités françaises, le président colombien Alvaro Uribe aurait annoncé mercredi soir à Nicolas Sarkozy avoir suspendu les opérations militaires dans le sud-est de la Colombie pour permettre la bonne marche de la "mission humanitaire". Il aurait aussi assuré à son homologue que son armée ne tenterait aucune opération de libération par la force de l'otage.

En revanche, les Farc n'avaient pas encore réagi mercredi soir à l'appel du chef de l'Etat français. Astrid, la soeur d'Ingrid Betancourt, a affirmé qu'il existait des "échanges de communications mais pas d'engagement concret" de la guérilla pour l'accueil d'une mission humanitaire française.

Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) s'est aussi dit "prêt à jouer le rôle d'intermédiaire neutre, comme il l'a fait dans le passé" pour appuyer cette mission.

Chef de bande ?

Depuis Paris, Lorenzo Delloye-Betancourt a adressé mercredi ce qu'il a présenté comme son "dernier appel" pour obtenir la libération de sa mère. "Soit on arrive à libérer maman et les otages malades, soit on l'enterre et ça dans les prochaines heures", a-t-il déclaré, après avoir lu une déclaration aux chefs des Farc, au Président colombien et à la communauté internationale.

A l'adresse du commandant des Forces armées révolutionnaires de Colombie, Manuel Marulanda, il a lancé qu'il devait refuser de n'être qu'un " chef de bande qui laisse mourir des otages civils innocents " pour devenir un " chef de guerre pour qui combattre son ennemi n'exonère pas de respecter la dignité humaine ". " Commandant Marulanda, le monde vous regarde. A vous de décider si vous resterez à jamais comme un criminel de guerre, traité comme tel, ou si vous entrez dans les livres comme un homme ", a ajouté Lorenzo Delloye-Betancourt. (D'après AFP, AP et Reuters)