La réponse des Farc se fait attendre

Paris attend toujours une réponse de la guérilla des Farc pour tenter d'accéder à l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, pour laquelle la France vient d'envoyer une mission humanitaire en Colombie, a déclaré vendredi le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.Pas de libération sans contrepartie

AFP
La réponse des Farc se fait attendre
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Paris attend toujours une réponse de la guérilla des Farc pour tenter d'accéder à l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, pour laquelle la France vient d'envoyer une mission humanitaire en Colombie, a déclaré vendredi le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. "Les Farc doivent répondre, nous attendons, nous sommes sur place", a-t-il déclaré sur la radio française Europe 1, depuis Bucarest où il participait au sommet de l'Otan.

"Pour le moment nous sommes en train d'essayer, essayer, essayer, et il n'y a pas d'autre solution", a-t-il ajouté. Un haut dirigeant des Farc, Rodrigo Granda, a affirmé qu'il n'y aurait pas de libération d'otages sans échange avec des guérilleros emprisonnés, dans un communiqué diffusé jeudi sur internet par l'Agence bolivarienne de presse (ABP).

Depuis jeudi matin, une mission humanitaire française se trouve en Colombie, prête à se rendre par avion à San Jose Guaviare (sud-est), située dans la région où se trouverait Ingrid Betancourt. "Si on ne prend pas de risque, on ne risque pas de réussir. Si on prend des risques, on risque de réussir", a encore fait valoir le chef de la diplomatie française. "Nous avons tout essayé, nous avons remué l'ensemble de l'Amérique latine qui est maintenant concernée", a-t-il ajouté. "Le président (colombien Alvaro) Uribe a montré quand même qu'il était très ouvert pour la libération des prisonniers, le président (vénézuelien Hugo) Chavez est à nouveau maintenant dans une complicité active", a assuré M. Kouchner.

M. Chavez a proposé jeudi soir d'aller, avec son homologue français Nicolas Sarkozy, chercher en Colombie l'otage franco-colombienne aux mains de la guérilla des Farc depuis six ans. M. Uribe quant à lui s'est réuni jeudi à Bogota avec les ambassadeurs de France, d'Espagne et de Suisse -trois pays médiateurs dans les négociations avec les Farc- pour faire "avancer" la logistique de la mission humanitaire, a indiqué la présidence colombienne. Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) réclament la libération de quelque 500 guérilleros en échange de celle d'un groupe de 39 otages dits "politiques", dont Ingrid Betancourt séquestrée depuis février 2002.