"Marches blanches" pour "libérer Ingrid Betancourt maintenant"

Des "marches blanches" sont organisées dimanche dans plusieurs villes de France pour exiger la libération d'Ingrid Betancourt et soutenir une mission humanitaire partie de Paris pour secourir l'otage franco-colombienne, que ses enfants jugent "au bord de la mort".Kouchner:"La mission humanitaire va rester sur place"Peu de chances de succès sans contrepartie aux FARCUribe appelle les FARC à garantir la santé des otagesUne "marche blanche" pour Ingrid Betancourt

AFP
"Marches blanches" pour "libérer Ingrid Betancourt maintenant"
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Des "marches blanches" sont organisées dimanche dans plusieurs villes de France pour exiger la libération d'Ingrid Betancourt et soutenir une mission humanitaire partie de Paris pour secourir l'otage franco-colombienne, que ses enfants jugent "au bord de la mort".

A Paris, la secrétaire d'Etat française aux droits de l'Homme Rama Yade ainsi que la présidente argentine Cristina Kirchner se joindront à la marche qui débutera vers 12H30 GMT de la place de l'Opéra. Les participants sont appelés à porter des vêtements blancs en signe de paix pour la Colombie.

D'autres "marches blanches" sont attendues dans 16 villes dont Marseille (sud-est) et Strasbourg (est).

"Nous espérons une grande mobilisation car l'état de santé extrêmement alarmant d'Ingrid nous fait redouter le pire", a expliqué Hervé Marro, porte-parole du comité organisateur du rassemblement. "Mais à l'heure où certains s'interrogent sur la mission humanitaire, nous tenons à dire qu'elle n'est en rien bloquée: elle n'en est qu'à son début et nous avons la conviction qu'à force de persuasion et d'audace, elle sera couronnée de succès", a-t-il affirmé.

La France a dépêché mercredi -- pour l'heure sans avancée apparente -- une mission humanitaire associant la Suisse et l'Espagne, afin de tenter d'entrer en contact avec la guérilla des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), qui détient l'ex-candidate à la présidentielle colombienne depuis plus de six ans.

Les enfants de Mme Betancourt et les autorités françaises prennent très au sérieux des informations donnant l'otage de 46 ans très malade, notamment du foie, le président Nicolas Sarkozy estimant qu'elle est en "danger de mort imminente".

"Soit on arrive à convaincre les Farc et le monde entier, soit j'enterre ma mère", a estimé cette semaine le fils de l'otage Lorenzo Delloye, 19 ans, en multipliant les appels à la mobilisation, en son nom et celui de sa soeur Mélanie, 22 ans, qui étudie à New York.

"Ma mère va très mal. Ce n'est qu'une question de semaines. Alors, s'il vous plaît, venez nombreux", a lancé Lorenzo dans une vidéo annonçant la marche, diffusée dans les médias.

Nicolas Sarkozy, qui a fait du dossier Betancourt une cause nationale, a appelé mardi solennellement le chef de la guérilla Manuel Marulanda à la libérer, à la veille de l'envoi de la mission d'urgence.

La guérilla marxiste, que le président colombien Alvaro Uribe a promis d'éliminer, propose d'échanger Ingrid Betancourt et 38 autres otages dits "politiques" contre 500 guérilleros emprisonnés en Colombie, dans le cadre d'un accord global.

"Cette marche ne peut pas être la dernière. Nous serons là jusqu'au dernier otage", a déclaré la soeur de l'otage, Astrid Betancourt, qui défilera aux côtés de la Fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt et de la Fédération internationale des droits de l'Homme, à Paris.

Le défilé doit se rendre à l'Assemblée nationale derrière une banderole demandant la libération de l'otage "Maintenant et tout de suite !".

Le maire de Paris Bertrand Delanoë, le dirigeant centriste François Bayrou, et des personnalités du monde culturel comme l'écrivain Marek Halter sont également attendus, ainsi que l'ancienne otage en Irak, la journaliste Florence Aubenas.

Des dizaines de milliers de Colombiens ont manifesté vendredi dans les grandes villes du pays pour demander la libération de tous les otages. Pour la première fois l'image et le nom d'Ingrid Betancourt étaient omniprésents.

Quelque 2.800 personnes sont retenues en otages en Colombie, par les Farc mais également par la guérilla guévariste de l'ELN (Armée de libération nationale), par des groupuscules criminels et par des paramilitaires d'extrême droite.