"Nos appels à la Géorgie sont restés sans réponse"

Le président Medvedev justifie sa décision par la "provocation" orchestrée par son homologue géorgien.li>Réagissez sur notre forum

Voici les extraits les plus significatifs de l'allocution télévisée du président russe Dmitri Medvedev, mardi.

"Vous êtes sans aucun doute au courant de la tragédie en Ossétie du Sud. L'attaque d'artillerie en pleine nuit sur Tskhinvali par les troupes géorgiennes a provoqué la mort de centaines de nos citoyens pacifiques. Des soldats de la paix russes, qui accomplissaient leur mission de défense des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont péri.

Même après l'indépendance du Kosovo

Le pouvoir géorgien a violé la Charte des Nations unies et ses obligations découlant de traités internationaux, ignoré le bon sens et déclenché un conflit militaire dont des civils ont été victimes. Un sort similaire attendait l'Abkhazie. Tbilissi comptait apparemment sur une guerre éclair qui aurait mis le monde devant un fait accompli : les moyens les plus inhumains pour parvenir à son objectif de prendre l'Ossétie du Sud au prix de l'extermination de tout un peuple [...]

La Russie a fait preuve (par le passé) de retenue et de patience. Nous avons plus d'une fois appelé à un retour à la table des négociations et nous ne nous sommes jamais départis de notre position, même après la déclaration unilatérale de l'indépendance du Kosovo.

Mais nos appels insistants à la partie géorgienne pour qu'elle signe des accords de non-recours à la force en Abkhazie et en Ossétie du Sud sont restés sans réponse.

Malheureusement, ils ont été ignorés par l'Otan et même par les Nations unies.

C'est aujourd'hui une évidence : une solution pacifique au conflit n'entrait pas dans les plans de Tbilissi [...]

Dans la nuit du 8 août 2008, Tbilissi a pris sa décision. (le président Mikheïl) Saakachvili a choisi le génocide [...] Nous comprenons qu'à la suite de ce qui s'est passé à Tskhinvali et de qui était prévu en Abkhazie, ils (les peuples de ces deux provinces) ont le droit de décider eux-mêmes leur sort.

Les présidents d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, se fondant sur des référendums et des décisions prises par les parlements régionaux, ont fait appel à la Russie, lui demandant de reconnaître le statut souverain de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

Le Conseil de la fédération et la Douma d'Etat (les deux chambres du Parlement russe, NdlR.) ont voté leur soutien à ces appels.

Référence à la Conférence d'Helsinki

Dans la situation actuelle, il est nécessaire de prendre une décision. Prenant en compte la volonté librement exprimée des peuples ossète et abkhaze, procédant conformément aux principes du droit international portant sur les relations amicales entre pays, sur l'acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe d'Helsinki en 1975 et d'autres documents internationaux fondamentaux, j'ai signé des décrets sur la reconnaissance par la Fédération de Russie de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'indépendance de l'Abkhazie.

La Russie appelle d'autres Etats à suivre son exemple. C'est un choix difficile mais c'est la seule chance de sauver des vies".

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