Obama: "Du rouge à lèvres à un cochon"

Le démocrate Barack Obama a lancé mardi son attaque la plus virulente à l'encontre de ses adversaires républicains dans la course à la Maison Blanche, assimilant leurs promesses de changement à vouloir "mettre du rouge à lèvres à un cochon". Vers notre dossier spécial Forum: Quel est votre favori?

Obama: "Du rouge à lèvres à un cochon"
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Le démocrate Barack Obama a lancé mardi son attaque la plus virulente à l'encontre de ses adversaires républicains dans la course à la Maison Blanche, assimilant leurs promesses de changement à vouloir "mettre du rouge à lèvres à un cochon".

"Nous avons parlé de changement quand nous étions haut dans les sondages et bas dans les sondages", a dit M. Obama en campagne à Lebanon, en Virginie (est), après une série d'enquêtes d'opinion le plaçant à égalité voire même derrière son rival républicain John McCain. "L'autre camp, soudainement dit Nous sommes aussi pour le changement Maintenant réfléchissez, ce sont les mêmes qui étaient au pouvoir ces huit dernières années", a dit le sénateur de l'Illinois devant quelque 2.400 personnes.

"Vous pouvez mettre du rouge à lèvres à un cochon. C'est toujours un cochon. Vous pouvez emballer un vieux poisson dans du papier et l'appeler changement. Il sentira toujours mauvais après huit ans", s'est exclamé le candidat démocrate, provoquant une standing ovation. Le camp républicain a rapidement répliqué en affirmant que cette déclaration était "dégoûtante" et sexiste et qu'elle était clairement destinée à la colistière de M. McCain Sarah Palin.

"Le sénateur Obama a prononcé ce que je ne peux que qualifier de propos dégoûtants, comparant notre candidate à la vice-présidence Sarah Palin, à un cochon", a dit l'ancienne gouverneure du Massachusetts Jane Swift, réclamant des excuses.

Sarah Palin avait plaisanté lors de son grand discours devant la convention républicaine la semaine dernière, en affirmant que la seule différence entre une maman comme elle-même qui accompagne ses enfants au hockey et un pitbull était le rouge à lèvres. M. Obama a insisté mardi sur le fait que la campagne ne devenait pas personnelle pour autant, en fustigeant la couverture médiatique de la grossesse de la fille célibataire de Mme Palin, âgée de 17 ans.

"Je lève mon chapeau à quiconque s'occupe de cinq enfants", a-t-il dit, ajoutant: "Laissez moi être très clair, là dessus. J'ai déjà dit que les familles étaient intouchables." Le candidat avait minimisé plus tôt la remontée dans les sondages de son adversaire républicain. "Je pense simplement que l'idée que les gens basculent d'un côté ou d'un autre en l'espace de quelques semaines, ou quelques jours, n'est globalement pas confirmée", avait-il dit à Dayton dans l'Ohio (nord).

M. McCain a fait une remontée spectaculaire depuis la fin de la convention républicaine et la désignation surprise de Sarah Palin comme sa colistière. Les récents sondages le placent à égalité ou devant le sénateur de l'Illinois, qui jusqu'ici faisait la course en tête. "Vous savez, ce sont les mêmes sondages qui me donnaient 20 points de retard l'été dernier (pour l'investiture démocrate), qui ont beaucoup oscillé au cours de ce processus", a souligné M. Obama.

"Les républicains sont enthousiasmés, cela ne fait pas de doute; l'aile droite du parti en particulier est enthousiasmée par le choix de la gouverneure Palin", a noté M. Obama au sujet de la gouverneure aux positions très conservatrices. "Je pense que ça a moins à voir avec le fait que ce soit une femme, qu'avec une étendue de prédispositions idéologiques", a-t-il souligné, alors que les récents sondages montrent que les électrices blanches et les indépendants se tournent vers le camp républicain depuis l'entrée en lice de Mme Palin.