Medvedev accuse les Etats-Unis de "fautes graves"

Le président russe, Dmitri Medvedev, a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir commis des "fautes graves" qui font payer aux autres pays les conséquences de la crise financière mondiale, lors d'une visite en Arménie, alliée fidèle de Moscou dans le Caucase.

Medvedev accuse les Etats-Unis de "fautes graves"
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Le président russe, Dmitri Medvedev, a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir commis des "fautes graves" qui font payer aux autres pays les conséquences de la crise financière mondiale, lors d'une visite en Arménie, alliée fidèle de Moscou dans le Caucase.

"Nous payons pour les fautes graves commises par certains Etats, avant tout les Etats-Unis", a déclaré M. Medvedev lors d'une conférence de presse à Erevan, à l'issue d'une rencontre avec son homologue arménien, Serge Sarkissian. Les décisions prises en Russie contre la crise sont "suffisantes", mais "cela ne veut pas dire qu'on en restera là", a-t-il souligné. Touchée par la crise, Moscou a annoncé plusieurs séries de mesures pour venir en aide en particulier à son secteur bancaire, en panne de liquidités, mais aussi aux autres entreprises et à son marché boursier, en pleine déroute depuis septembre.

Début octobre, le président russe avait déjà critiqué les Etats-Unis en évoquant la crise financière mondiale. "L'ère de la domination d'une économie et d'une devise a été reléguée au passé une bonne fois pour toutes", avait-il dit. Le président Medvedev a par ailleurs appelé l'Arménie à coordonner sa politique étrangère avec Moscou. "Je suis sûr que les actions coordonnées sur la scène internationale sont un facteur important de la sécurité et du renforcement de nos positions dans le Caucase et dans le monde", a déclaré M. Medvedev.

La visite de M. Medvedev intervient après celles du sous-secrétaire d'Etat américain pour l'Europe et l'Eurasie, Daniel Fried, et du représentant de l'Otan dans le Caucase du Sud, Robert Simons. M. Fried avait souligné que la guerre russo-géorgienne en août et la reconnaissance par Moscou de deux territoires géorgiens pro-russes avait mis en exergue les dangers des différends non résolus dans le Caucase. Il avait appelé vendredi l'Arménie et l'Azerbaïdjan à résoudre "aussi vite que possible" le conflit qui les oppose au sujet de la région du Nagorny Karabakh.

M. Medvedev a pour sa part annoncé une rencontre des présidents arménien, azerbaïdjanais et russe qui pourrait avoir lieu "très prochainement" en Russie pour discuter du Karabakh. "J'espère qu'une rencontre des trois présidents aura lieu très prochainement pour trouver une solution au problème" du Karabakh, province séparatiste azerbaïdjanaise peuplée majoritairement d'Arméniens, a déclaré M. Medvedev.

"J'espère qu'elle aura lieu en Russie", a-t-il poursuivi. "L'Arménie est prête à poursuivre des négociations sur la base des principes de Madrid", qui reconnaissent "le droit du peuple du Karabakh à l'autodétermination", a déclaré le président arménien. "La question peut être résolue sur la base d'un compromis et par la voie des négociations", a-t-il poursuivi.

La Russie a fait pression ces dernières semaines sur l'Arménie pour qu'elle débloque cette situation, afin de sortir de son isolement. Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, a promis le 13 octobre de renforcer l'isolement de l'Arménie, tant qu'elle ne renoncera pas à l'"occupation" du Nagorny Karabakh. Dans un effort pour apaiser les tensions, le président turc, Abdullah Gül, a effectué début septembre une visite historique en Arménie à l'occasion d'un match de football.

Ankara, qui a des liens étroits avec l'Azerbaïdjan turcophone, a fermé sa frontière avec l'Arménie en 1993, après le conflit sur le Nagorny-Karabakh, dont la sécession a conduit à la guerre, qui a fait près de 30.000 morts. La Turquie n'entretient pas de relations diplomatiques avec Erevan en raison de divergences sur la façon de qualifier les massacres d'Arméniens (pour Erevan, il s'agit d'un génocide) commis en 1915-17 en Anatolie.

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