Laurent Nkunda, chef rebelle et malade

Laurent Nkunda est un Tutsi du Nord-Kivu, fils de travailleur agricole, originaire de Lueshe (130 km de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu).

Laurent Nkunda, chef rebelle et malade
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M.F.C

Laurent Nkunda est un Tutsi du Nord-Kivu, fils de travailleur agricole, originaire de Lueshe (130 km de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu).

Agé de 41 ans aujourd’hui, il était enseignant dans le secondaire inférieur jusqu’à l’éclatement de la guerre. Il s’engage alors dans la rébellion du RCD-Goma (appuyée par le Rwanda), dont il devient rapidement commandant de la 7e brigade. En tant que tel, il est considéré comme un des responsables de massacres à Kisangani, en mai2002, par le rapporteur des Droits de l’homme de l’Onu.

Quand la paix est signée, il est désigné par le RCD pour être commandant de région militaire dans la nouvelle armée nationale, mais le camp Kabila le refuse. En mai2003, appelé à Kinshasa par l’état-major général, Nkunda refuse de s’y rendre.

En mai2004, il appuie la mutinerie de Jules Mutebusi à Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, avec une colonne d’un millier d’hommes, soutenu (téléguidé ?) par des hommes d’affaires du FLEC (sécessionnistes rwandophones du Nord-Kivu); le 2juin, ils prennent la ville, avant de l’abandonner le 9 sur pression internationale.

En septembre2005, le général Laurent Nkunda est déchu de son grade par Kinshasa. En novembre, l’Onu annonce des sanctions contre lui : privation de visa, mais il ne voyage guère, et gel de ses avoirs bancaires, qu’il ne semble pas posséder.

En janvier2006, il repart à l’attaque; il reproche à l’armée congolaise de ne pas avoir coupé les liens avec les FDLR (issus des génocidaires hutus rwandais) qui menacent les Tutsis congolais.

Un an plus tard, un accord permet le début de l’intégration de ses troupes dans l’armée congolaise, avant une nouvelle flambée à l’automne 2007, qui se termine par une déroute de l’armée congolaise.

Les pressions internationales persuadent alors Laurent Nkunda de participer au processus de paix qui aboutit, en janvier2008, aux "Actes d’engagement" des groupes armés et de l’armée congolaise à cesser les combats. Après des escarmouches régulières entre les troupes de Nkunda et l’armée, la situation se détériore totalement fin août en raison, soulignent les diplomates dans la région, de nombreuses "provocations" des troupes de Kinshasa.

Laurent Nkunda est considéré comme un bon chef militaire par les observateurs. Il aurait été gravement malade ces dernières semaines sans que l’on soit sûr de la nature du mal qui le frappe.

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