Reprise des combats près de Goma

Des combats ont éclaté vendredi en fin de matinée entre la rébellion de Laurent Nkunda et l'armée congolaise à environ une quinzaine de km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), selon des sources concordantes.Libération du journaliste belge au CongoLe sommet international est en marcheLes rebelles prennent d'autres villes"L'heure est venue de régler les problèmes au fond"Un journaliste belge enlevé par des miliciens Maï-Maï

Reprise des combats près de Goma
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Belga

Des combats ont éclaté vendredi en fin de matinée entre la rébellion de Laurent Nkunda et l'armée congolaise à environ une quinzaine de km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), selon des sources concordantes.

"Il y a des combats depuis 11H40 (09H40 GMT) entre les FARDC (Forces armées de RDC) et le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple)", la rébellion de Laurent Nkunda, a déclaré à l'AFP à Kinshasa le porte-parole militaire de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc), le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich. "Les FARDC ont utilisé depuis Kibati des armes lourdes, des mortiers et des mitrailleuses. Les combats continuent en direction du nord", a-t-il ajouté à la mi-journée.

Un correspondant de l'AFP au camp de déplacés de Kibati a entendu des tirs soutenus et vu une colonne de plus d'une centaine de soldats marcher vers le nord, sur la route principale Goma-Kibati-Rutshuru. "Nkunda vient, nous allons le combattre", disaient les soldats.

Kibati est située sur la ligne de front, établie depuis la semaine dernière, entre les rebelles et l'armée congolaise. Cette localité se trouve à une quinzaine de km au nord de Goma, ville d'un demi-million d'habitants.

Les tirs ont duré une quarantaine de minutes, selon le journaliste de l'AFP. La zone était survolée par au moins quatre hélicoptères, dont l'un était clairement identifiable comme un hélicoptère de la Monuc, avec le sigle UN en noir sur fond blanc.

"La Monuc tente de contenir les violences: nous voulons éviter tout risque de propagation des violences vers la ville de Goma", a déclaré le lieutenant-colonel Dietrich, sans préciser le dispositif exact déployé par les casques bleus. "Des hélicoptères de la Monuc sont présents sur place dans le cadre d'une mission de reconnaissance, en observation de la zone, et comme une démonstration de force aux belligérants, a-t-il ajouté.

"La Monuc n'intervient pas en appui à une offensive des FARDC, a-t-il encore dit. Je ne peux pas imaginer que les autorités congolaises aient pris le risque de lancer une offensive." Selon des déplacés arrivant à Kibati en provenance du nord, soldats congolais et rebelles du CNDP ont pris position un peu plus au nord et se faisaient face vendredi en fin de matinée.

Les tirs ont provoqué la panique dans le camp de déplacés de Kibati, abandonné par des milliers de personnes pris de panique. Le Programme alimentaire mondial (PAM), qui venait juste de commencer une distribution de nourriture dans le camp, a plié bagage.

Les combats ont éclaté alors qu'un sommet consacré à la guerre dans l'est de la RDC se tient vendredi à Nairobi. Y participent notamment les présidents de la région africaine des Grands Lacs et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon. Depuis fin août, les affrontements entre CNDP et FARDC ont repris dans le Nord-Kivu, en violation d'un cessez-le-feu conclu en janvier. Ils ont provoqué le déplacement d'environ 250.000 personnes, selon des sources humanitaires.

La rébellion a infligé la semaine dernière une cuisante défaite à l'armée, sous équipée et mal payée, en arrivant aux portes de Goma. Les hommes de Nkunda avaient déjà pris brièvement en juin 2004 la ville de Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu, à une centaine de km au sud de Goma.

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