Un Belge témoigne : peur rétrospective

Travaillant pour l’agence de voyages belge "Mapamundo", Dimitri Zakkas bouclait un séjour d’affaires en Thaïlande et s’apprêtait à regagner la Belgique, via Paris, mardi soir quand l’aéroport de Bangkok a été fermé, à la suite de son occupation par les manifestants anti-gouvernementaux.

G. P.

Travaillant pour l’agence de voyages belge "Mapamundo", Dimitri Zakkas bouclait un séjour d’affaires en Thaïlande et s’apprêtait à regagner la Belgique, via Paris, mardi soir quand l’aéroport de Bangkok a été fermé, à la suite de son occupation par les manifestants anti-gouvernementaux. Il se trouvait en transit en provenance de la cité balnéaire de Phuket lorsque, vers 22 h, la fermeture précipitée des boutiques de luxe de l’aéroport a livré un premier indice de ce qui allait se passer. "On a vu les employés remiser les objets de plus grande valeur", explique Dimitri Zakkas. Crainte de pillages alors qu’ostensiblement, certains étaient avertis de l’invasion imminente des manifestants ? Sans doute. Mais, dans la zone de transit, Dimitri Zakkas n’est pas un témoin visuel direct de l’arrivée des protestataires dans le hall d’entrée. Vers 23 h 15, le vol de la "Thaï Airways" qui doit partir pour la France aux alentours de minuit, est annoncé "en retard". Privé d’informations précises sur le déroulement des événements, Dimitri Zakkas commence à percevoir de façon auditive les troubles que provoquent les manifestants vêtus de jaune. Des cris, des chants, un grand brouhaha Alors que tous les vols sont progressivement annulés, une longue attente commence pour les quelque 3 000 touristes ainsi bloqués à l’intérieur de l’aéroport. D’autant que les nouvelles sur les événements sont rares. Vers 5 h du matin, les autorités de l’aéroport et de la compagnie "Thaï Airways" annoncent le transfert des touristes vers une autre aile de l’aéroport. Mesure de sécurité ? Prélude à une évacuation ? Effectivement, une heure plus tard environ, les touristes commencent à être extraits de l’aérogare la plupart par bus, dans une certaine confusion, vu l’ampleur de l’opération, explique Dimitri Zakkas. C’est alors que notre interlocuteur découvre pour la première fois les visages des manifestants, qui, avec détermination mais sans violence, continuent à lancer des slogans antigouvernementaux devant l’aéroport. Ce n’est qu’une fois arrivé à l’hôtel à Bangkok, en regardant les reportages télévisés retraçant les événements des dernières heures, que Dimitri Zakkkas prendra conscience de la gravité de la situation, en voyant les échauffourées auxquelles les manifestations ont donné lieu. Et s’il ne s’est pas senti menacé quand il se trouvait à l’aéroport, le Belge a tout de même eu une certaine peur rétrospective.

Au total, c’est une cinquantaine de Belges qui ont été retenus de la sorte à l’aéroport de Bangkok avant d’être évacués. Mercredi, le ministère belge des Affaires étrangères a recommandé de reporter tout voyage non indispensable en Thaïlande, dans l’attente d’une accalmie.