Le drame des nourrissons séropositifs

"Mener, responsabiliser et s’activer" est le thème choisi pour cette 20e édition. D’une part, il y a les déclarations, sûrement animées de bonnes intentions, comme celle du Dr Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS. D’autre part, il y a la réalité, parfois franchement décalée: aujourd’hui, on estime à 2millions le nombre d’enfants de moins de 15 ans vivant avec le VIH ; en 2007, 370000 ont été nouvellement infectés et 270000 sont décédés.

L.D.

D’une part, il y a les déclarations, sûrement animées de bonnes intentions, comme celle du Dr Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS): "Aucun bébé ne devrait mourir du sida de nos jours. Nous savons comment prévenir ces décès tragiques, et à présent nous devons nous focaliser sur le renforcement de nos systèmes de santé pour que mères et enfants reçoivent un traitement aussi rapidement que possible."

D’autre part, il y a la réalité, parfois franchement décalée: aujourd’hui, on estime à 2millions le nombre d’enfants de moins de 15 ans vivant avec le VIH ; en 2007, 370000 ont été nouvellement infectés et 270000 sont décédés. Certes, on peut souligner certains progrès. Ainsi, le nombre d’enfants traités dans les pays à revenus faible et intermédiaire est-il passé de 75000 en 2005 à près de 200000 en 2007.

Il n’empêche, le cas des nourrissons séropositifs demeure tragique, comme vient de le souligner un récent rapport préparé conjointement par l’Unicef, l’OMS, le Programme commun des Nations unies sur le VIH/Sida (Onusida) ainsi que le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), publié à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida célébrée ce lundi 1erdécembre et dont le slogan est "Mener, responsabiliser, s’activer".

D’après ce rapport intitulé "Les enfants et le sida", les femmes enceintes sont bien trop peu nombreuses à connaître leur statut en matière de VIH dans les pays à faible et moyen revenus.

En 2007, seulement 18 pc d’entre elles ont subi un test de dépistage et seulement 12 pc des femmes séropositives ont ensuite fait un autre examen visant à déterminer le stade de la maladie et le traitement à suivre. En 2007 encore, moins de 10 pc des nourrissons nés de mères séropositives ont été testés pour le VIH avant l’âge de deux mois. Ce constat est particulièrement dramatique quand on sait ce qu’il implique.

Pour un dépistage précoce

"Les taux de survie augmentent de 75 pc pour les nouveau-nés séropositifs si on établit le diagnostic et que l’on commence le traitement avant que les bébés n’aient 12 semaines, a en effet expliqué MmeAnn M.Veneman, directrice générale de l’Unicef. F aute de traitement approprié, la moitié des enfants infectés par le VIH mourront d’une cause liée au virus avant leur deuxième anniversaire." Aussi le rapport recommande-t-il un meilleur accès aux tests évaluant les fonctions immunitaires des mères séropositives, ainsi qu’un redoublement des efforts pour le dépistage des nouveau-nés afin que les traitements appropriés soient administrés aussi tôt que possible.

"La prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant n’est pas seulement efficace, c’est un droit humain", a rappelé le Dr Peter Piot, directeur exécutif de l’Onusida, dont le remplaçant sera désigné à la fin de l’année.

D’ores et déjà, un dépistage précoce à grande échelle a été prévu dans certains des pays les plus éprouvés par l’épidémie comme l’Afrique du Sud, le Kenya, le Malawi, le Mozambique, le Rwanda, le Swaziland et la Zambie.

En sa qualité de représentante spéciale pour l’Unicef et Onusida pour les enfants et le sida, la princesse Mathilde se rendra au Sénégal, du 4 au 7décembre, dans le cadre d’une mission de haut niveau, alors que se tiendra ces jours-là une conférence internationale réunissant plus de 5000 participants, dont la co-lauréate du prix Nobel 2008, Françoise Barré-Sinoussi, co-découvreur du virus.