Plus de cinq cents Palestiniens tués à Gaza

Des chars israéliens se sont déployés dimanche sur plusieurs axes dans la bande de Gaza où des combats les opposaient à des militants du Hamas, le mouvement islamiste palestinien se disant déterminé à mettre en échec l'offensive terrestre israélienne. De Gucht craint une "crise humanitaire sans précédent" 1.200 manifestants devant la Bourse de Bruxelles Les habitants de Gaza se terrent ou quittent les zones les plus exposées Olmert : "Israël ne se bat pas contre le peuple palestinien" Hamas : "Ce qui se passe à l'ONU est une farce" Le Conseil de sécurité se sépare sans accord Gaza, cauchemar d'Israël depuis plus d'un demi-siècle

AFP
Plus de cinq cents Palestiniens tués à Gaza
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Des chars israéliens se sont déployés dimanche sur plusieurs axes dans la bande de Gaza où des combats les opposaient à des militants du Hamas, le mouvement islamiste palestinien se disant déterminé à mettre en échec l'offensive terrestre israélienne.

Les troupes israéliennes, appuyées par des bombardements de l'artillerie, de l'aviation et de la marine de guerre, ont avancé en profondeur dans plusieurs secteurs du territoire palestinien où elles avaient pénétré samedi soir, selon des témoins.

Des blindés et des unités d'infanterie ont été signalés dans le secteur de l'ancienne colonie juive de Netzarim, à trois kilomètres seulement au sud de Gaza-ville, la principale agglomération du territoire.

Des témoins ont fait état d'une cinquantaine de chars et blindés, transports de troupes et bulldozer, qui se sont déployés dans ce secteur, autour d'un carrefour stratégique coupant en deux l'axe Salaheddine, la route principale nord-sud de la bande de Gaza.

Des dizaines de familles fuyaient le secteur vers le sud en voitures, dans des camions, à l'approche des blindés israéliens, toujours selon les témoins.

Les blindés israéliens ont également coupé un important axe routier à la hauteur de Jabaliya et Beit Lahya, dans le nord de la bande de Gaza, ainsi que près de Boureij, dans le centre, selon la même source.

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a affirmé que l'offensive israélienne serait élargie "autant que nécessaire".

C'est dans ce secteur de Jabaliya et Beit Lahya que se sont déroulés les plus violents combats entre les soldats israéliens et les combattants palestiniens, essentiellement du Hamas. Des colonnes de fumée se dégageaient de plusieurs sites frappés par l'armée israélienne.

Selon les services d'urgence, 19 Palestiniens, dont des civils, ont été tués par des obus de char ou des raids aériens israéliens depuis l'aube dimanche, notamment à Jabaliya et Beit Lahya, ce qui porte à au moins 485 le nombre de Palestiniens tués depuis le début des opérations israéliennes le 27 décembre.

Un premier bilan officiel israélien fait état de 30 soldats israéliens blessés dans l'offensive terrestre, dont deux grièvement. Des télévisions arabes ont fait état d'un soldat tué, ce que l'armée n'a pas confirmé.

"Nos forces ont atteint les objectifs qui avaient été fixés pour empêcher les tirs de roquettes. L'opération progresse plus vite que prévu", a déclaré le porte-parole de l'armée, le général Avi Benyahou.

Les forces israéliennes se heurtent à ce stade à une résistance plus faible que prévue, selon des sources militaires israéliennes.

"Il n'y a pas de combats rapprochés", a affirmé à la presse un haut responsable militaire israélien sous couvert d'anonymat. "L'essentiel de l'opposition est sous forme de tirs d'obus de mortier", a-t-il ajouté.

"Il est possible que nous devions garder un certain temps le contrôle de certains secteurs d'où sont tirées des roquettes mais l'objectif n'est pas de réoccuper la bande de Gaza", a-t-il encore dit.

Un haut responsable du Hamas, Moushir Al-Masri, a pour sa part affirmé que "l'ennemi" n'avait "pas réussi à atteindre ses objectifs et que la résistance, avec le peu de moyens dont elle dispose, l'a surpris".

"Le moment venu, l'ennemi annoncera son échec et la résistance proclamera la victoire", a-t-il ajouté.

La branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine Al-Qassam, a affirmé que ses combattants faisaient "face aux forces israéliennes, leur infligeant de lourdes pertes".

"Le temps montrera à quel point (Ehud) Barak a été stupide en décidant d'une opération terrestre à Gaza", a affirmé le groupe dans un communiqué. Le Hamas a en outre qualifié de "farce" l'incapacité du Conseil de sécurité de l'ONU à s'entendre, après quatre heures de discussions, sur un texte appelant à la fin des hostilités à Gaza, essentiellement en raison de l'intransigeance des Etats-Unis.

Le Hamas a en outre "condamné" la position de la présidence de l'Union européenne, assurée par la République tchèque, affirmant qu'elle était "partiale et cautionnait la poursuite des crimes commis par l'occupant à Gaza".

La présidence tchèque de l'UE a affirmé samedi qu'Israël n'avait pas le droit d'engager des actions militaires qui "affectent largement les civils". Mais, dans un premier temps, le Premier ministre Mirek Topolanek avait estimé que l'opération était "plus défensive qu'offensive".

A Londres, le Premier ministre britannique Gordon Brown a évoqué un "moment très dangereux" dans le conflit israélo-palestinien.

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a affirmé que son pays ne se battait "pas contre le peuple palestinien" et préviendrait une crise humanitaire à Gaza en aidant à l'acheminement de l'aide.

Toutefois, aucun convoi d'aide ne devait passer dimanche en raison des violences.

La Commission européenne a appelé Israël à assurer un "espace humanitaire" pour distribuer l'assistance, annonçant dimanche une aide supplémentaire de trois millions d'euros pour Gaza.


Gaza sera un "cimetière" pour les Israéliens Le président du parlement iranien Ali Larijani a prédit dimanche que la bande de Gaza deviendrait un "cimetière" pour les Israéliens, qui y ont pénétré samedi. "Les sionistes devraient savoir que Gaza deviendra leur cimetière", a dit M. Larijani, cité par l'agence de presse officielle Irna. "Heureusement, les sionistes ont été confrontés à une forte défense des Palestiniens courageux et ont subi un coup majeur", a encore affirmé ce responsable de la République islamique, dont Israël est l'ennemi juré. Les troupes israéliennes, appuyées par des chars et des hélicoptères, sont entrées dans la bande de Gaza samedi soir et y affrontaient dimanche les islamistes du Hamas. L'Iran soutient financièrement le Hamas mais a toujours démenti les accusations d'Israël selon lesquelles il armait aussi le mouvement palestinien.