Israël est accusé de violer le droit humanitaire

Deux hôpitaux et des écoles bombardés, des ambulances sous le feu, des secouristes tués, des civils blessés empêchés d’être soignés, des enfants abandonnés aux côtés de leurs parents morts les rares organisations humanitaires travaillant encore dans la bande de Gaza accusent l’armée israélienne des plus graves violations du droit humanitaire.

Jean-Pierre Perrin

Correspondance particulière à Jérusalem

Deux hôpitaux et des écoles bombardés, des ambulances sous le feu, des secouristes tués, des civils blessés empêchés d’être soignés, des enfants abandonnés aux côtés de leurs parents morts les rares organisations humanitaires travaillant encore dans la bande de Gaza accusent l’armée israélienne des plus graves violations du droit humanitaire. Même la Croix-Rouge internationale (CICR), qui ne critique que très rarement de telles violations, a elle aussi dénoncé les agissements de Tsahal. "L’espace humanitaire n’est pas respecté à Gaza. L’Unrwa (l’office d’aide aux réfugiés palestiniens des Nations unies qui a suspendu son aide jeudi mais a annoncé vendredi qu’elle allait la reprendre, NdlR) comme le CICR ont été clairement ciblés par l’armée israélienne. Or, on n’est pas dans la brousse confrontés à des groupes de rebelles. On est en présence d’un Etat qui a un siège à l’Onu et des obligations internationales", commente Isabelle Merny, une responsable de MSF, en mission à Jérusalem.

Le CICR a reconnu que l’un de ses convois avait essuyé des tirs de l’armée israélienne qui ont fait un blessé léger et l’ont obligé à réduire temporairement ses activités à Gaza. "Nous sommes obligés de réévaluer la situation sécuritaire; il nous faut à présent un passage sécurisé", déclare Nadia Dibsy, du CICR. L’organisation internationale a aussi mis fin à sa traditionnelle réserve en accusant Tsahal d’avoir empêché ses médecins d’accéder à des blessés palestiniens, dont quatre enfants en bas âge qui sont restés coincés pendant cinq jours dans leur maison dans le quartier de Zeitoun, à Gaza, à côté du corps de leurs mères respectives qui avaient été tuées. Dans une autre maison de ce quartier, elle a aussi découvert 15 survivants d’une attaque israélienne que les soldats israéliens avaient refusé de secourir. D’où la colère de Pierre Wettach, chef de la délégation du CICR : "Cet incident est choquant. Les militaires israéliens [ ] n’ont pas non plus fait en sorte que le CICR ou le Croissant rouge puissent leur venir en aide. L’armée israélienne n’a pas respecté son obligation de prendre en charge les blessés et de les évacuer, comme le prescrit le droit international humanitaire."

La colère, aussi, est vive à l’Office de l’Onu pour la coordination humanitaire (Ocha). Celle-ci a accusé vendredi les forces israéliennes d’avoir évacué environ 110 Palestiniens vers une seule maison, encore dans le quartier de Zeitoun (dont la moitié était des enfants) en leur ordonnant de rester à l’intérieur. "Vingt-quatre heures plus tard, elles ont bombardé à plusieurs reprises cette maison, tuant environ 30 personnes", a indiqué le communiqué de l’Ocha." Je crains que nous découvrions d’autres tragédies dans les jours à venir", a ajouté Philippe Lazarini, le chef des opérations.

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