L'ONU va reprendre l'aide à Gaza

L'ONU a annoncé qu'elle allait reprendre ses distributions d'aide dans la bande de Gaza où aucune perspective de fin de l'offensive israélienne, entrée samedi dans sa troisième semaine, n'était perceptible. Manifestations en Europe contre Israël Le Hamas de nouveau en Egypte pour discuter un cessez-le-feu L'avion belge à destination de l'Egypte n'a pas encore décollé Israël est accusé de violer le droit humanitaire Poussée de l’antisémitisme Vers notre dossier spécial

L'ONU va reprendre l'aide à Gaza
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AFP

Israël a poursuivi ses bombardements dans la nuit, ignorant un appel du Conseil sécurité de l'ONU à un cessez-le-feu immédiat des hostilités qui ont déjà fait au moins 800 morts chez les Palestiniens.

De son côté, le Hamas islamiste, qui contrôle le territoire, a également ignoré la résolution des Nations unies et avait continué vendredi à lancer des roquettes sur Israël. L'Agence de l'ONU d'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa) a dit que les Nations unies avaient reçu "des assurances crédibles que la sécurité des personnels de l'ONU, ses installations et ses opérations humanitaires seraient pleinement respectées".

L'Unwra avait interrompu jeudi ses opérations à Gaza après qu'un de ses chauffeurs palestiniens eut été tué par des tirs israéliens sur un convoi d'aide. "Les mouvements des personnels de l'ONU (...) reprendront dès que possible", indique un communiqué publié à New York. De nombreux raids aériens israéliens ont visé dans la nuit de vendredi à samedi des maisons à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, et dans le quartier de Zeïtoun, à la périphérie de la ville de Gaza. Un Palestinien a été tué dans le bombardement d'une maison du camp de réfugiés de Chati, limitrophe de Gaza-ville.

La décision de poursuivre la guerre avait été prise vendredi par le cabinet de sécurité israélien, le Premier ministre Ehud Olmert ayant jugé la résolution de l'ONU inapplicable. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, dans une conversation téléphonique avec M. Olmert, "lui a exprimé sa déception du fait que la violence se poursuive sur le terrain, au mépris de la résolution du Conseil de sécurité". Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza mais est largement boycotté par la communauté internationale, avait dit ne pas être "concerné" par la résolution.

La diplomatie poursuivait cependant ses efforts et une délégation du mouvement islamiste devait se rendre au Caire samedi discuter du plan égyptien pour un cessez-le-feu, a indiqué Moussa Abou Marzouk, numéro deux du bureau politique du Hamas. "Il n'y aura acceptation d'aucune (proposition) n'appelant pas à la fin du blocus et à l'ouverture des points de passage", a-t-il averti. M. Moubarak devait parallèlement recevoir à Charm el-Cheikh le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.

L'offensive lancée officiellement pour faire cesser les tirs de roquettes sur Israël depuis la bande de Gaza a coûté la vie à au moins 800 Palestiniens, dont 230 enfants et 92 femmes et des dizaines d'autres civils, et fait plus de 3.300 blessés depuis le 27 décembre, selon des sources médicales à Gaza. Les activistes palestiniens n'ont pas pour autant cessé leurs tirs, lançant encore vendredi une trentaine d'engins sur le sud d'Israël et faisant un blessé léger. Des roquettes de type Grad se sont abattues à Beersheba, à une quarantaine de km du territoire palestinien, ainsi que dans la région d'Ashdod.

Trois civils et 10 soldats israéliens ont été tués et 154 blessés depuis le début de l'opération "Plomb durci", selon l'armée. Dans ce qu'elle a qualifié "de l'un des plus graves incidents" de la guerre, l'Office de l'ONU pour la coordination humanitaire, citant des témoins, a affirmé que l'armée avait tué 30 civils le 5 janvier dans un bombardement. Ils faisaient partie d'un groupe de 110 Palestiniens rassemblés dans une maison du quartier de Zeïtoun à Gaza, selon l'OCHA.

A Washington, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a jugé "difficile" pour Israël d'épargner les civils dans une zone densément peuplée et a accusé le Hamas d'utiliser les civils comme "boucliers humains". La résolution 1860, qui a été adoptée par 14 des 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU - les Etats-Unis se sont abstenus - "appelle à un cessez-le-feu immédiat, durable et pleinement respecté, menant au retrait complet des forces israéliennes de Gaza".

Elle "condamne toute violence et hostilité dirigées contre des civils et tout acte de terrorisme", sans désigner explicitement les tirs de roquettes du Hamas, et appelle "à la fourniture sans obstructions (...) de l'aide humanitaire". Un million de personnes vivent sans électricité à Gaza, 750.000 sont sans eau et les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs de secours qui risquent de s'arrêter en cas de manque d'essence, selon l'ONU. Outre l'ONU, le Comité international de la Croix-Rouge a lui aussi temporairement réduit ses activités à Gaza-ville après qu'un de ses véhicules eut essuyé des tirs.


Livni: Israël veut atteindre ses objectifs avant de parler calendrier La ministre des Affaires étrangères israélienne Tzipi Livni s'est refusée samedi à évoquer un calendrier quant aux opérations militaires menées par Israël dans la bande de Gaza, estimant que son pays devait d'abord atteindre ses objectifs. "Nous ne cherchons pas à réoccuper Gaza mais nous avons besoin de voir que nous atteignons nos objectifs", a déclaré Mme Livni dans un entretien au Washington Post. Interrogée sur le fait de savoir si une trêve serait observée au moment de l'investiture de Barack Obama le 20 janvier, la ministre des Affaires étrangères a simplement répondu que moins les frappes dureraient, mieux ce serait pour Israël. "Mais au bout du compte, il s'agit d'une guerre continuelle contre la terreur. Nous ne demandons pas à la communauté internationale de se battre avec nous. Nous lui demandons de nous comprendre quelque peu et de nous donner du temps", a déclaré Mme Livni. Elle a précisé qu'à la fin des opérations militaires, Israël devait être sûre de ne pas "faire face à nouveau à un réarmement du Hamas". Mais elle a admis que pour avoir ces assurances, Israël devait régler le problème des roquettes reçues d'Iran par des islamistes palestiniens, ainsi que celui de la sécurité à la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte.

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