Des incidents dus à 200 jeunes excités

A bien regarder l’ensemble du cortège, et singulièrement certains petits groupes de jeunes très excités, il ne fallait pas être grand clerc pour deviner que la probabilité d’incidents, à un moment ou à un autre, était grande.

Des incidents dus à 200 jeunes excités
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G.P.

A bien regarder l’ensemble du cortège, et singulièrement certains petits groupes de jeunes très excités, il ne fallait pas être grand clerc pour deviner que la probabilité d’incidents, à un moment ou à un autre, était grande. Ce fut le cas dès le début de la dislocation. Et d’autant plus rapidement qu’en début d’après-midi, un noyau dur de jeunes, venant de la gare du Nord, avait rejoint le début du cortège, parti de la gare du Midi, et s’était retrouvé à sa tête.

C’est donc aux abords du rond-point devant l’entrée de la gare du Nord qu’eurent lieu les premières dégradations. Une aubette de la Stib fut saccagée; les vitres d’une vingtaine de voitures, appartenant pour la plupart à des participants à la manifestation, furent brisées rue Willem De Mol, une perpendiculaire à la gare; deux véhicules furent retournés, l’un dans cette même rue et l’autre boulevard Emile Jacqmain, au pied de l’immeuble du WTC. Là, sur le rond-point, des jeunes s’en sont aussi pris à une camionnette de retransmission télévisée, de la société "Satellite Services", qui a dû se frayer un passage parmi les manifestants alors que les jeunes en colère continuaient à la cribler de coups de pied et de poing.

Les policiers de la zone Schaerbeek, Saint-Josse et Evere ayant pris position à trois accès du rond-point, les vandales se sont repliés aux abords du carrefour précédent, en face du bâtiment de la Communauté flamande, à l’angle des boulevards Jacqmain et du Jardin Botanique. Des déprédations ont été commises à cet endroit contre cet immeuble et contre celui de l’Office des étrangers. Ensuite les policiers de Bruxelles-Ville ont à leur tour repoussé les trublions, chargeant certains d’entre eux jusque dans la rue Neuve, où ils ont été dispersés par la police à cheval et où d’autres dégâts ont été occasionnés. La police a procédé à des dizaines d’interpellations administratives et à quelques judiciaires. Pour David Yansenne, le chef de corps de la zone Schaerbeek, Saint-Josse, Evere, les incidents ont été le fait de quelque "200 jeunes". Le commandant de police s’est félicité de la coopération avec le service d’ordre de la manifestation, qui nous a tout de même paru débordé, et avec les travailleurs sociaux, dont les appels au calme ont permis, selon lui, de limiter les dégâts.

Les incidents auront en tout cas fait une victime connue, le député régional Richard Miller (lire ci-dessus), touché par le jet d’un pavé. "J’étais sonné et je me suis retrouvé ensanglanté", a-t-il expliqué à l’agence Belga. Certains membres du MR déploreront sans doute que ce soit l’un de leurs rares représentants présents dans la manifestation qui ait ainsi été touché. Mais c’était tout à fait fortuit.

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