L’espoir repose sur Le Caire

"Stopper maintenant, serait une erreur historique ", a dit ce week-end le général Yoav Galant, chargé des opérations israéliennes à Gaza, " car, dans ce cas, la fois prochaine, les roquettes palestiniennes atteindront Tel-Aviv". "Qui sème la misère, récolte la colère" Des incidents dus à 200 jeunes excités Un malaise évident au sein de la gauche israélienne

L’espoir repose sur Le Caire
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RENÉE-ANNE GUTTER

Stopper maintenant, serait une erreur historique ", a dit ce week-end le général Yoav Galant, chargé des opérations israéliennes à Gaza, " car, dans ce cas, la fois prochaine, les roquettes palestiniennes atteindront Tel-Aviv ".

A ce stade de la guerre, Israël estime avoir déjà atteint certains de ses objectifs, notamment la restauration de sa force de dissuasion et la désorganisation du Hamas. Mais son souci majeur subsiste : comment garantir la neutralisation à long terme des tunnels de contrebande dans le sud de la Bande de Gaza, à la frontière palestino-égyptienne ? Des tunnels par lesquels le Hamas continuerait à se fournir en armes même en ces jours de guerre, selon Israël, et notamment en matériaux pour missiles à longue portée de fabrication iranienne.

Tant que cette neutralisation ne sera pas assurée par un arrangement efficace et durable avec l’Egypte, Israël compte poursuivre sa campagne militaire. Aussi, tous les yeux sont tournés actuellement vers Le Caire, où se poursuivent des tractations parallèles Egypte-Hamas, Egypte-Israël.

D’une part, le président Moubarak parlemente avec une délégation du Hamas, afin que celui-ci accepte de cesser immédiatement les hostilités pour permettre le démarrage de négociations substantielles. Mais le leader du Hamas en exil, Khaled Machal, a réitéré qu’il ne déposera pas les armes avant qu’Israël n’arrête son offensive, ne se retire de Gaza et ne rouvre les passages frontaliers. M. Machal s’oppose aussi au déploiement d’une présence étrangère, fût-elle arabe, du côté palestinien de la frontière sud de Gaza. "Toute présence internationale - troupes ou observateurs - sera considérée comme force occupante".

D’autre part, l’émissaire de la Défense israélienne, Amos Guilad, doit renouveler ses entretiens au Caire cette semaine, afin de convaincre M. Moubarak d’envisager une présence internationale de son côté de la frontière de Gaza. Si pas une force armée qui serait perçue comme une atteinte à la souveraineté égyptienne, au moins des experts étrangers qui offriraient des technologies nouvelles pour superviser et détruire les tunnels de contrebande.

Expertise allemande

L’Allemagne offre ses services à ce sujet. Son ministre des Affaires étrangères s’en est entretenu, ce week-end, au Caire et à Jérusalem. A défaut de solution satisfaisante, Israël menace de réinstaller ses propres troupes sur l’"axe Philadelphie" entre Gaza et l’Egypte.

Entre-temps, Tsahal a poursuivi ses opérations "courantes", en commençant à introduire des réservistes dans l’action, sans passer toutefois à l’invasion ultime. Car le gouvernement a décidé de donner encore quelques jours aux efforts de médiation égyptiens. L’armée au sol a, toutefois, resserré son étau sur la ville de Gaza, se heurtant à une résistance croissante.

Largage de tracts

L’aviation a largué des tracts, annonçant de nouvelles attaques et recommandant à la population de se tenir à l’écart des arsenaux et des activistes. En fin de journée, elle a renouvelé son blitz sur les tunnels près de Rafah, faisant pour la première fois quelques blessés égyptiens. En seize jours de guerre, le bilan palestinien s’élève à près de 900 morts, dont plus de 270 enfants et une centaine de femmes, et quelque 3 700 blessés.

Les roquettes palestiniennes ont continué à pleuvoir sur Israël elles aussi. Dont quelques-unes pour la énième fois à deux doigts d’écoles et d’un jardin d’enfants - tous inoccupés. Tsahal a révélé dimanche que ses hélicoptères ont échappé également, ces derniers jours, à des tirs de mitrailleuses et, apparemment, de missiles à épaule Strela.

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