Nouvelles frappes à Gaza, Israël maintient la pression

Israël maintenait lundi, au 17e jour de son offensive, la pression sur le Hamas dans la bande de Gaza en y déployant des renforts de réservistes et en reportant la visite d'un émissaire en Egypte qui devait y discuter d'un cessez-le-feu.Les forces israéliennes dans les faubourgs de Gaza La Belgique n'accueillera pas d'enfants blessés 12 cibles visées par l'aviation israélienne L’espoir repose sur Le Caire "Qui sème la misère, récolte la colère"

Nouvelles frappes à Gaza, Israël maintient la pression
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Israël maintenait lundi, au 17e jour de son offensive, la pression sur le Hamas dans la bande de Gaza en y déployant des renforts de réservistes et en reportant la visite d'un émissaire en Egypte qui devait y discuter d'un cessez-le-feu.

Six Palestiniens ont été tués lundi matin dans des raids ou par des obus de chars israéliens, notamment dans les secteurs de Jabaliya et Beit Lahya, dans le nord de la bande de Gaza, où se déroulent les combats le plus violents, ainsi que dans le quartier de Zeitoun à Gaza-ville. L'armée israélienne a annoncé que l'aviation avait mené des raids contre douze objectifs dans le territoire au cours de la nuit de dimanche à lundi, soit le nombre le plus bas d'attaques aériennes depuis le début de l'opération le 27 décembre.

L'aviation "a visé des sites de stockage d'armes dans des maisons d'activistes du Hamas, des tunnels de contrebande et des éléments armés", a précisé un porte-parole militaire. Des témoins ont toutefois affirmé que les bombardements d'artillerie et de chars avaient résonné toute la nuit. Selon un dernier bilan du chef des services d'urgence de Gaza Mouawiya Hassanein, au moins 896 Palestiniens ont été tués, dont 275 enfants, et plus de 3.800 blessés depuis le début de l'offensive.

Dimanche soir, les médias israéliens ont annoncé que l'armée avait commencé à envoyer des renforts des réservistes pour appuyer les troupes régulières dans la bande de Gaza, une mesure interprétée comme un prélude au lancement d'une "troisième phase" dans l'offensive avec des assauts au coeur des villes et dans les camps de réfugiés. Selon les médias, le gouvernement hésitait jusqu'à présent à donner son feu vert à cette "troisième phase", synonyme d'une escalade, au moment où les appels à un cessez-le-feu, préconisé par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, se multiplient.

Parallèlement, une visite au Caire qui était prévue lundi d'un haut responsable du ministère de la Défense israélien, Amos Gilad, pour discuter d'un d'éventuel cessez-le-feu à Gaza, a été reportée d'au moins d'un jour, a-t-on appris auprès du ministère. L'Egypte, qui a élaboré en étroite coordination avec la France une initiative pour un cessez-le-feu, en a discuté dimanche avec une délégation du Hamas. Le mouvement islamiste dit rejeter "certains points" de ce plan. Selon la radio publique israélienne, le report de la visite d'Amos Gilad a été décidé par les dirigeants israéliens pour augmenter la pression militaire sur le Hamas, alors que l'armée annonce avoir porté des coups sévères au bras armé du mouvement islamiste.

La radio a également donné pour motif au report un désaccord persistant entre l'Egypte et le Hamas sur les termes d'un cessez-le-feu. Israël affirmé que son offensive vise principalement à mettre fin aux tirs de roquettes depuis la bande de Gaza mais plus de 660 de ces engins ont visé des localités du sud d'Israël depuis le 27 décembre. Trois tirs de roquettes et d'obus de mortier ont été signalés lundi matin, a affirmé l'armée, sans faire état de victime, dans le sud d'Israël où quatre personnes ont été tuées par des roquettes depuis le début de l'offensive. La situation humanitaire demeure tragique dans la bande de Gaza où un million de personnes vivent sans électricité, 750.000 sont sans eau et les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs de secours, selon l'ONU.

Le Venezuela, dont le président Hugo Chavez a expulsé l'ambassadeur israélien à Caracas pour protester contre l'offensive israélienne, a annoncé dimanche le départ d'un avion chargé de 12,5 tonnes d'aide médicale pour la population de Gaza.

Un bateau chargé de plusieurs tonnes d'aide humanitaire et avec à son bord des militants pro-palestiniens, des médecins et des parlementaires européens, doit quitter lundi Chypre à destination de Gaza. A Washington, le président élu Barack Obama a déclaré qu'il mettait en place une équipe afin de disposer, dès son investiture le 20 janvier, "des meilleures personnes possibles qui pourront s'engager immédiatement dans le processus de paix au Proche-Orient dans son ensemble".

Le ministère égyptien des Affaires étrangères a annoncé dimanche avoir convoqué l'ambassadeur d'Israël au Caire pour exiger que l'Etat hébreu respecte les dispositions de la résolution adopté jeudi par le Conseil de sécurité de l'ONU et appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza. Enfin, le gouvernement iranien a adopté un projet de loi pour sanctionner les sociétés étrangères qui font des affaires avec Israël afin d'exercer des pressions sur l'Etat hébreu, a rapporte lundi le quotidien gouvernemental Iran.

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