Durban II: la France ira, mais met en garde l'Iran

La France sera représentée par un ambassadeur à la conférence de l'ONU "Durban II" sur le racisme à Genève, mais elle quittera la salle, comme les autres Européens présents, si le président iranien Mahmoud Ahmadinejad profère des "accusations antisémites", a déclaré lundi le chef de la diplomatie Bernard Kouchner.

AFP

La France sera représentée par un ambassadeur à la conférence de l'ONU "Durban II" sur le racisme, mais elle quittera la salle, comme les autres Européens présents, si le président iranien Mahmoud Ahmadinejad profère des "accusations antisémites", a déclaré lundi le chef de la diplomatie Bernard Kouchner.

"Il faudra être très clair. Nous ne tolèrerons aucun dérapage. Si le président Ahmadinejad veut rouvrir le texte difficilement accepté ou s'il profère des accusations racistes ou antisémites, nous quitterons la salle immédiatement", a prévenu Bernard Kouchner sur la radio France Info. Avant de s'envoler pour Genève, où il doit participer lui-même à la conférence "Durban II", le président iranien a affirmé dimanche que "l'idéologie et le régime sioniste sont les porte-drapeaux du racisme", renforçant les craintes d'incidents lors des débats.

"S'il était intelligent, il ne répèterait pas cela dans la salle. S'il répète cela dans la salle, tous les ambassadeurs européens présents se lèveront et sortiront", a averti Bernard Kouchner. Les pays de l'Union européenne ne sont pas parvenus à une position commune sur la participation à cette conférence, qui s'ouvre lundi à Genève. L'Allemagne, l'Italie et les Pays-Bas ont décidé de ne pas y participer, tout comme les Etats-Unis. La Grande-Bretagne sera présente, comme la France, au niveau des ambassadeurs.

La délégation française à cette conférence sera dirigée par l'ambassadeur de France auprès des Nations Unies à Genève, Jean-Baptiste Mattéi, a précisé Bernard Kouchner. Le ministre français a regretté que les Européens n'aient pu se mettre d'accord en dépit de "trois jours de débats très longs entre les 27". Il a cependant souligné que l'Allemagne aurait un statut d'observateur pendant la conférence.

Bernard Kouchner a jugé que le texte qui doit être adopté lors de cette conférence était maintenant "acceptable". "Israël n'est pas stigmatisé, la diffamation des religions ne relève pas du domaine des droits de l'homme mais n'est pas mentionnée, la liberté d'expression est réaffirmée, on fait même mention, comme si c'était un exploit, de l'holocauste", a-t-il dit.

Sur le même sujet