Durban II, nouvelle foire d’empoigne

Malgré le succès de discussions marathon, vendredi, sur la déclaration finale, la conférence qui, à l’initiative du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, se tiendra de ce lundi à vendredi à Genève n’échappera pas à la foire d’empoigne. Comme il y a huit ans même si l’intensité de la polémique sera sans doute contenue. Quoique... Ban Ki-moon rencontre Ahmadinejad Ban Ki-moon, "profondément déçu"La France ira, mais met en garde l'IranLa Pologne renonce à participer

Durban II, nouvelle foire d’empoigne
©EPA
Gérald Papy

Malgré le succès de discussions marathon, vendredi, sur la déclaration finale, la conférence qui, à l’initiative du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, se tiendra de ce lundi à vendredi à Genève n’échappera pas à la foire d’empoigne. Comme il y a huit ans même si l’intensité de la polémique sera sans doute contenue. Quoique...

Esclavage et réparations

En 2001, quelques jours avant les attentats de New York et de Washington, la ville sud-africaine de Durban avait été le théâtre d’une passe d’armes entre pays occidentaux, Israël et les pays arabo-musulmans. La troisième édition de la conférence sur la lutte contre le racisme et l’intolérance, après des épisodes en 1978 et 1983, avait été entachée par deux lourdes polémiques. Les pays musulmans avaient voulu faire avaliser par la déclaration finale que le sionisme était une idéologie qui pouvait être assimilée à du racisme. Face à cette intention et aux conclusions du forum des ONG qui, en marge du sommet, avait déjà entériné cette vision, les Etats-Unis et Israël avaient quitté la réunion onusienne. Il avait alors fallu d’intenses négociations, cornaquées par Mary Robinson, le Haut commissaire aux droits de l’homme de l’Onu, et par le ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel, au nom de la présidence belge de l’Union européenne, pour éviter le naufrage de la conférence et aboutir à une déclaration finale relativement acceptable. L’autre polémique avait été, elle aussi, désamorcée : elle portait sur la volonté des pays africains d’inscrire dans la déclaration finale une demande d’excuses ouvrant la voie à des réparations financières aux Etats occidentaux pour leur responsabilité dans l’esclavage.

Huit ans après, les deux dossiers ont continué à empoisonner les réunions préparatoires à la conférence de Genève, dite Durban II. Mais c’est surtout la question israélienne qui a suscité des tensions.

A l’instar de 2001, les pays musulmans voulaient voir dénoncée comme du racisme l’idéologie sioniste d’implantation d’un Etat souverain pour les juifs, en l’occurrence au Proche-Orient, depuis 1948. Or, les tractations ont abouti vendredi à l’absence de cette mention dans le projet de déclaration finale, auquel tous les Etats participants se sont ralliés. " Il n’y a pas de stigmatisation d’Israël, ni de référence à la diffamation des religions et il est sans ambiguïté sur la liberté d’expression ", s’est félicité un diplomate européen, interrogé par le journal "Libération". Une autre crainte des Occidentaux était, en effet, que les pays musulmans revendiquent, comme ils ont réussi à l’imposer devant le Conseil des droits de l’homme de l’Onu, une mention portant sur la condamnation de toute diffamation religieuse.

Union divisée

Cependant, malgré ces apaisements, les Etats-Unis, les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Australie ont décidé dimanche de rejoindre Israël, l’Italie et le Canada dans leur boycott de la conférence. Et les Vingt-sept poursuivaient dimanche soir leurs consultations pour forger une position (quasi) commune, mis devant le fait accompli du désistement des Italiens, Néerlandais et Allemands. La Grande-Bretagne et la Belgique ont fait savoir qu’elles prônaient une participation, le cas échéant réduite à un niveau de représentation subalterne, et la France a confirmé sa présence.

Il semble en définitive qu’outre une certaine insatisfaction par rapport au texte de la déclaration finale, les pays boycotteurs aient préféré s’abstenir aussi en raison de la présence annoncée du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, récidiviste de déclarations antisémites.


Ban Ki-moon condamne le déni de l'Holocauste (ONU) Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné lundi le "déni de l'Holocauste", avant l'ouverture de la Conférence sur le racisme dite de Durban II à Genève, a indiqué son porte-parole dans un communiqué.

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