Ahmadinejad jusqu’à l’écœurement

Le président iranien Ahmadinejad a repris lundi à la tribune de la Conférence des Nations unies de Genève sur la lutte contre le racisme sa sinistre antienne sur le caractère raciste du sionisme.

Le président iranien Ahmadinejad a repris lundi à la tribune de la Conférence des Nations unies de Genève sur la lutte contre le racisme sa sinistre antienne sur le caractère raciste du sionisme.

Non, le sionisme n’est pas une idéologie raciste. Si ses promoteurs ont pour ambition de créer en Palestine un "Etat pour les juifs", ils n’en excluent pas les autres citoyens. Et même si des expulsions de Palestiniens ont été menées, elles n’ont pas relevé d’une politique systématique.

Non, Israël n’est pas un "Etat raciste". Sa Déclaration d’indépendance prône l’égalité entre tous, juifs et non-juifs, même si le sort réservé aux Arabes israéliens peut s’assimiler, en certaines circonstances, à un traitement en citoyens de seconde zone. Ce constat n’empêche pas que des comportements racistes soient observés en Israël, comme dans nombre de pays. Et qu’un ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, ait été taxé de raciste, y compris par des Israéliens, ou qu’un Premier ministre, Benjamin Netanyahou, avance soudainement comme condition à un dialogue avec les Palestiniens la reconnaissance de la judéité de l’Etat n’est pas de nature à rassurer.

Il n’en reste pas moins que les propos de Mahmoud Ahmadinejad sont inacceptables et écœurants, qui plus est dans une enceinte des Nations unies, qui plus est à un moment où la communauté internationale fait preuve d’ouverture à l’égard de l’Iran. La répression permanente exercée à l’encontre des Bahaï’s, cette minorité religieuse issue de l’islam, par les dirigeants iraniens discrédite définitivement, s’il le fallait encore, l’attitude du président Ahmadinejad.

Faudra-t-il encore supporter longtemps celui-ci ? Le 12 juin, les électeurs iraniens se rendront aux urnes pour désigner leur futur Président. Le camp des réformateurs, a priori plus ouvert avec toutes les limites de l’ouverture dans la République islamique, ne part pas gagnant. Barack Obama serait bien avisé que sa nouvelle politique de dialogue, saluée, ne favorise en tout cas pas leurs adversaires d’ici là.

Un dernier constat enfin. En 2001, la polémique autour de Durban I nous avait amené à fustiger pareille haine d’Israël. Or, il y a aujourd’hui, dans les pays musulmans, davantage d’antisémites à la Ahmadinejad. Triste monde.

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