Kouchner: "Durban II n'est pas du tout un échec"

La conférence sur le racisme ("Durban II") de Genève n'est "pas du tout un échec" malgré la violente diatribe anti-israélienne du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, a estimé mardi le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner. 22 des 27 pays de l'UE ont décidé de rester Ahmadinejad fait à nouveau scandaleEdito: Ahmadinejad jusqu’à l’écœurement Les Israéliens déçus : "C’est une honte"La conférence Durban II en images

AFP
Kouchner: "Durban II n'est pas du tout un échec"
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La conférence sur le racisme ("Durban II") de Genève n'est "pas du tout un échec" malgré la violente diatribe anti-israélienne du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, a estimé mardi le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

"Ce n'est pas du tout un échec mais le début d'un succès" a déclaré le chef de la diplomatie française sur la radio Europe 1, en justifiant le choix de ne pas boycotter la conférence par les avancées contenues dans le projet de déclaration finale.

Malgré le départ des ambassadeurs européens, dont le français, lors du discours de M. Ahmadinejad lundi, "nous n'avons pas quitté la conférence, et nous y revenons", a-t-il dit.

Alors que la conférence de Durban I en 2001 avait vu un "déferlement de racisme", Durban II s'apprête à adopter "un texte où figure tout ce que nous souhaitions, tout ce que les pays occidentaux souhaitaient" même si "ce n'est pas parfait", a-t-il affirmé.

"Dans ce texte (...) tout ce que nous voulions mentionner, c'est à dire l'antisémitisme, la discrimination sur les personnes, la liberté d'expression, le génocide a été mentionné, la mémoire de l'holocauste, les droits des femmes ont été mentionnés, la traite des êtres humains, les personnes atteintes du VIH, les personnes handicapées", a poursuivi M. Kouchner.

Interrogé sur le fait que les discriminations envers les homosexuels ne figuraient pas dans le texte, il a reconnu que "ça on n'a pas pu, on le fera la prochaine fois".

Interrogé pour savoir pourquoi la France n'avait pas, comme les Etats-Unis, Israël et plusieurs pays européens, boycotté cette conférence, il a affirmé que "nous pouvions choisir comme les autres de faire le gros dos et de ne pas y aller" mais "la chaise vide, c'est facile et on s'en va et on crie sur les autres".

Il a réaffirmé que le discours de M. Ahmadinejad, qui a provoqué un tollé international et amené les pays de l'UE présents à Genève à faire sortir de la salle leurs ambassadeurs, était "inadmissible" de par ses "insanités antisémites".

Toutefois "M. Ahmadinejad était prévisible, il y a 192 pays à l'ONU, on ne peut pas leur interdire de parler", a-t-il ajouté.

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