Une large partie du monde arabe appuie les propos d'Ahmadinejad

La Syrie a apporté mercredi son soutien à Mahmoud Ahmadinejad, son chef de la diplomatie Walid Mouallem affirmant qu'une large partie de l'opinion publique arabe appuyait les propos tenus lundi à Genève par le président iranien sur Israël.

Une large partie du monde arabe appuie les propos d'Ahmadinejad
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AFP

Mahmoud Ahmadinejad "a reçu un vaste accueil populaire à son retour en Iran. Une large partie de l'opinion publique dans le monde arabe appuie les propos du président iranien", a déclaré M. Mouallem lors d'une conférence de presse avec son homologue luxembourgeois Jean Asselborn.

Lundi, dans le cadre de la Conférence sur le racisme dite "Durban II" à Genève, M. Ahmadinejad a accusé les Occidentaux d'avoir "envoyé des migrants d'Europe, des Etats-Unis et du monde de l'Holocauste pour établir un gouvernement raciste en Palestine occupée". Il a en outre accusé Israël d'avoir privé "de terres une nation entière sous le prétexte de la souffrance juive".

Ces propos, qui ont entraîné le retrait des 23 ambassadeurs européens présents dans la salle, ont été dénoncés, notamment par les grandes capitales occidentales. Selon M. Mouallem, "les Palestiniens ne doivent pas devenir les victimes de l'Holocauste qu'ils n'ont pas commis. (L'Holocauste) ne doit pas servir de prétexte aux Israéliens pour commettre un autre Holocauste en Palestine, à Gaza, en Cisjordanie ou au Liban". "Les institutions de la communauté internationale ne doivent pas être incapables de juger ceux qui ont commis des crimes de guerre pour la seule raison qu'ils sont Israéliens", a-t-il poursuivi.

Le ministre syrien a par ailleurs dit comprendre "la mauvaise conscience des Européens envers l'Holocauste".

Pour sa part, M. Asselborn, qui avait été reçu auparavant par le président syrien Bachar al-Assad, a souligné que l'Union européenne "avait condamné l'attaque israélienne" meurtrière lancée dans la bande de Gaza en décembre et janvier, qui a fait plus de 1.400 morts palestiniens.

L'UE "doit faire en sorte qu'une telle guerre ne se reproduise pas", a-t-il ajouté. Il a aussi dénoncé le négationnisme, estimant que nier le génocide juif durant la Seconde guerre mondiale revenait à "dénier l'Histoire (...) et dénier des principes fondamentaux de l'Humanité". "Israël a le droit de vivre en sécurité, les Palestiniens ont le droit de vivre dans la dignité. Une solution à deux Etats est nécessaire" au Proche-Orient, a encore déclaré le chef de la diplomatie luxembourgeoise.

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