La course au vaccin

Cette fois, ça y est. L’annonce a été officiellement faite, mardi, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : quatre laboratoires, en Grande-Bretagne, au Canada et aux Etats-Unis, se sont lancés dans la course pour la mise au point d’un vaccin.

La course au vaccin
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Cette fois, ça y est. L’annonce a été officiellement faite, mardi, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : quatre laboratoires, en Grande-Bretagne, au Canada et aux Etats-Unis, se sont lancés dans la course pour la mise au point d’un vaccin.

"Quatre de nos laboratoires de référence travaillent actuellement sur une souche virale; ils en sont à des stades différents de la production d’un précurseur nécessaire à la fabrication de vaccins", a affirmé un porte-parole de l’OMS, Gregory Hartl, précisant toutefois que l’OMS n’avait pas demandé à ces laboratoires de démarrer la production du vaccin de manière extensive.

"Le signal ne sera pas donné avant que nous n’entrions en phase 5, mais il pourrait l’être au moment où nous y entrons", a tenu à préciser M. Hartl, rappelant que nous étions toujours en phase d’alerte 4 sur une échelle de 6.

Il n’empêche, toujours selon le porte-parole, le signal donné à l’industrie pharmaceutique de produire ce vaccin contre la grippe porcine serait "une décision très importante". Cela supposerait notamment que les groupes pharmaceutiques concernés suspendent aussitôt leur production de vaccin destiné à la grippe saisonnière. Mais que l’on se rassure, une vingtaine de sociétés fabriquent des vaccins contre la grippe et préparent donc la production de vaccins contre la grippe saisonnière, inefficaces contre la nouvelle forme de virus selon les spécialistes, même si les personnes qui ont été immunisées pourraient être plus modérément touchées.

Échantillon de virus

Contacté par l’OMS pour le développement d’un vaccin, le groupe pharmaceutique suisse Novartis a indiqué mardi qu’il avait reçu le code génétique de la nouvelle souche du virus, ce qui lui permettra de commencer à pouvoir évaluer la production. Il espère recevoir un échantillon du virus "dans un avenir proche". "Nous n’avons pas encore reçu de souche du virus pour commencer la phase de recherche", a ainsi déclaré un responsable de la firme, selon lequel une période de trois à six mois avait été établie pour développer un vaccin contre la grippe aviaire.

Pour sa part, le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a déjà prélevé un échantillon de H1N1 à l’origine de l’épidémie, et produit une souche de vaccin qu’il développe, marquant de la sorte la première phase du processus de production. Mais celui-ci est encore long quand on sait qu’avant de pouvoir être distribués aux fabricants, ces échantillons doivent être cultivés dans des œufs embryonnés de poule, un système contraignant et lourd que beaucoup jugent obsolète mais auquel on n’a toujours pas trouvé d’alternative.

Car la grande difficulté pour les laboratoires sera de produire des quantités suffisantes de vaccin à partir d’une quantité limitée d’ingrédient actif, ou antigène.

L. D. (Avec AFP)

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