La grippe nouvelle est arrivée

Trois pas en avant, deux pas en arrière. Depuis l’annonce des premiers signes d’épidémie de grippe porcine, rebaptisée "mexicaine" avant de devenir "grippe nouvelle", il faut avouer que l’on ne sait pas trop bien sur quel pied danser. Premier cas avéré de grippe porcine en Allemagne Cas confirmés et cas suspects dans le monde Une économie tantôt dopée, tantôt grippée La course au vaccin Les images de la grippe mexicaine

La grippe nouvelle est arrivée
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L.D.

Trois pas en avant, deux pas en arrière. Depuis l’annonce des premiers signes d’épidémie de grippe porcine, rebaptisée "mexicaine" avant de devenir "grippe nouvelle", il faut avouer que l’on ne sait pas trop bien sur quel pied danser.

Ainsi, après avoir déconseillé, lundi, les voyages "non essentiels" dans les zones touchées par la maladie, la Commission européenne a-t-elle fait savoir, mardi, qu’il n’y avait tout compte fait pas de raison "pour l’instant" de limiter les déplacements. Ce qui n’a pas empêché plusieurs pays de déconseiller la destination mexicaine.

Confusion encore, au niveau des chiffres, et notamment ceux relatifs aux décès. Après qu’ait été annoncé un bilan, certes qualifié de "probable", de 152 morts au Mexique, voilà que l’Organisation mondiale de la santé revoit, quant à elle, ce chiffre très nettement à la baisse, pour le faire tomber à sept décès confirmés. "L’OMS ne peut tenir compte que des cas officiellement notifiés dont la cause n’est pas seulement probable, mais confirmée par des tests de laboratoire", a déclaré le porte-parole Gregory Harti, précisant encore qu’aucun décès n’a été signalé dans les autres pays touchés, comme les Etats-Unis ou le Canada.

Quoi qu’il en soit, mardi après-midi, l’OMS déclarait avoir connaissance d’un total de 79 cas confirmés de grippe mexicaine dans le monde, dont une quarantaine aux Etats-Unis et vingt-six au Mexique. Par ailleurs, le Canada compte six cas, la Nouvelle-Zélande trois tandis que deux cas confirmés ont été signalés en Israël, le même nombre en Ecosse et en Espagne.

Quant à la phase d’alerte, alors qu’un moment il avait été question de passer en phase 5, l’organisation onusienne a décidé mardi de rester au niveau auquel elle était passée la veille au soir, c’est-à-dire en phase d’alerte 4, sur une échelle de 6.

La situation est très grave

A ce stade, "la situation est très grave. Une pandémie n’est pas inévitable mais la possibilité est prise très au sérieux", a souligné le Dr Keiji Fukuda, directeur général adjoint de l’OMS. "Il est crucial d’identifier les voyageurs infectés par la grippe porcine, car cela nous aide à suivre le virus dans le monde et la manière dont il se déplace", a-t-il ajouté. "Les cas récents confirmés au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande sont des contaminations de voyageurs venant de l’étranger, a encore souligné le Dr Fukuda. L’identification des voyageurs contaminés est essentielle pour déterminer si le virus s’établit dans une population ou dans un pays, ce qui justifierait que l’OMS considère inévitable une pandémie et relève encore d’un cran son niveau d’alerte."

Or, même si le virus a atteint la Nouvelle-Zélande ou le Royaume-Uni, cela ne signifie pas pour autant qu’il s’est établi dans la population, dans le pays. Une nuance qu’il paraissait important de préciser.

Des contrôles inefficaces

Et à propos des mesures de détection, c’est à nouveau le chaos. Alors que les contrôles aux frontières dans les aéroports via des caméras thermiques se multiplient, l’OMS - encore elle - fait savoir que ce système n’est d’aucune utilité pour détecter des passagers éventuellement contaminés par la grippe nouvelle. Et de fait, comme l’a expliqué ce même porte-parole, "si une personne a été exposée au virus ou a été contaminée, elle peut ne pas présenter de symptômes à l’aéroport. La surveillance de la fièvre par des caméras thermiques ne détecte pas les personnes qui sont encore en phase d’incubation de la maladie". La période d’incubation de ce nouveau virus semble aller de vingt-quatre heures à sept jours.

En attendant, à Mexico, après les bars et les discothèques, les autorités ont décidé, mardi, la fermeture de tous les restaurants de la ville. De même, les autorités ont mis en place un dispositif pour éviter la vente de nourriture dans la rue.

"Bien qu’il n’y ait pas d’indices pour l’instant d’une véritable pandémie de grippe, tous les pays doivent se préparer à cette éventualité dès maintenant, a encore expliqué un responsable de l’OMS, à une époque où les gens voyagent en avion très rapidement à travers le monde, il n’y a aucune région où le virus pourrait ne pas s’étendre."

"L a phase 4 demeure pour l’instant et il n’y a pas d’escalade", selon le sous-directeur, Keiji Fukuda.

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