Une économie tantôt dopée, tantôt grippée

Comme si cela ne suffisait pas La crise sanitaire déclenchée par l’irruption de la grippe mexicaine et les craintes de pandémie qu’elle nourrit pourraient bien prolonger le ralentissement économique né dans le sillage de la crise financière planétaire. Du moins dans certains secteurs. Les voyagistes et les compagnies aériennes figurent en première ligne.

Comme si cela ne suffisait pas La crise sanitaire déclenchée par l’irruption de la grippe mexicaine et les craintes de pandémie qu’elle nourrit pourraient bien prolonger le ralentissement économique né dans le sillage de la crise financière planétaire. Du moins dans certains secteurs. Les voyagistes et les compagnies aériennes figurent en première ligne.

"La grippe porcine a potentiellement la capacité de décimer la demande de trafic aérien, chose qui s’est produite en 2003 avec la propagation du virus de pneumonie atypique (Sras) de grippe aviaire en Asie", observait mardi le cabinet d’analyste viennois JBC Energy. "La propagation de cette épidémie pourrait affecter l’avenir du trafic aérien, dont la chute s’est poursuivie en mars en raison de la crise économique", confirmait l’Association internationale du transport aérien (Iata), qui représente quelque 230 compagnies, soit 93 pc du trafic aérien international (à l’exclusion des compagnies low-cost). "Il est trop tôt pour juger de l’impact de la grippe porcine. Mais il est certain que tout ce qui peut troubler la confiance des passagers a un impact négatif sur les affaires", précisait pour sa part Giovanni Bisignagi, le directeur général de l’Iata.

Pharmaceutique, le vent en poupe

Ces craintes d’une chute du trafic aérien et du tourisme, et dès lors d’un nouveau coup possible porté à la consommation pétrolière, ont pesé sur l’humeur du marché du brut, dont les cours restaient en baisse mardi en fin d’échanges européens.

Côté pile, le risque de pandémie fait aussi grimper la cote et le chiffre d’affaires de certaines entreprises. Notamment dans le secteur pharmaceutique. Les grands laboratoires, déjà considérés comme valeurs refuges dans la crise financière actuelle, se voient dopés. Le groupe suisse Roche, dont l’antiviral Tamiflu est efficace contre la grippe saisonnière et cette grippe nouvelle, était ainsi en nette progression mardi en bourse. Roche s’est dit prêt à envoyer trois millions de doses dans le monde, bien que le groupe n’ait jusqu’ici reçu aucune demande de la part de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour mobiliser ses stocks.

D’autres entreprises du secteur ont le sourire. Celles qui fournissent notamment les masques et les gants stériles. Mardi, de longues queues se sont formées à Hong Kong devant les pharmacies où les clients, sensibilisés depuis la crise de pneumonie atypique (Sras) de 2003, se pressaient pour acheter les derniers masques sanitaires disponibles.

V.B. (D’après Belga et AFP)

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