Grippe A/H1N1: plus de 11.000 malades dans le monde

L'épidémie de grippe porcine continue de progresser dans le monde au rythme d'un millier de cas supplémentaires par jour, avec désormais plus de 11.000 malades dans 41 pays, dont un possible foyer autonome de contamination qui ne cesse de s'étendre au Japon.

AFP
Grippe A/H1N1: plus de 11.000 malades dans le monde
©EPA

L'épidémie de grippe porcine continue de progresser dans le monde au rythme d'un millier de cas supplémentaires par jour, avec désormais plus de 11.000 malades dans 41 pays, dont un possible foyer autonome de contamination qui ne cesse de s'étendre au Japon.

Comme c'est le cas depuis près d'une semaine, un millier de malades supplémentaires du virus A(H1N1) ont été diagnostiqués en 24 heures sur la planète, avec 11.034 personnes contaminées et 85 morts dans 41 pays, selon le dernier bilan fourni jeudi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

La majorité des nouveaux cas ont été officiellement recensés dans les quatre pays les plus touchés: le Mexique (+ 244 cas, + 3 morts), où la maladie est apparue en mars, les Etats-Unis (+ 241 cas, + 2 morts), le Canada (+ 223 cas) et le Japon (+ 49 cas). En Europe, l'Espagne reste le pays le plus touché (111 cas) devant le Royaume-Uni (109), alors que la France comptabilise 16 cas.

L'attention de l'OMS reste portée sur le Japon avec 292 cas recensés par les médias locaux, dont au moins trois dans l'agglomération du "Grand Tokyo", la zone urbaine la plus peuplée du monde avec près de 36 millions d'habitants. La confirmation de l'apparition d'un foyer de contamination autonome dans ce pays, en dehors du continent américain, justifierait de relever le niveau d'alerte international à son maximum. Aux Etats-Unis, l'épidémie est "loin d'être terminée", ont souligné jeudi les autorités sanitaires qui ont recensé désormais 5.764 cas confirmés ou probables, dont neuf mortels, et ont remarqué une meilleure résistance des personnes âgées à ce nouveau virus A(H1N1).

A Mexico, les autorités ont annoncé jeudi la fin des restrictions imposées dans la capitale le mois dernier (fermetures des écoles, bars et restaurants, cinémas notamment), signe d'une tendance à l'affaiblissement de l'épidémie. Un premier cas de grippe porcine, touchant une fille de 10 ans, a par ailleurs été recensé jeudi aux Philippines et un second à Taïwan. L'état d'alerte de niveau 5, décrété le 29 avril par l'OMS, reste pour l'instant maintenu, signifiant "l'imminence" d'une pandémie. Le passage en phase 6 marquerait la reconnaissance de la première grande pandémie grippale du XXIe siècle, constatant la propagation du virus sur la surface du globe sans préjuger de la gravité de la maladie.

Les experts de l'OMS redoutent une mutation du virus en une souche plus dangereuse après un possible échange de matériel génétique avec le virus aviaire H5N1, dont le taux de mortalité peut atteindre 60%.

L'organisation onusienne qui a réuni depuis lundi à son siège de Genève une assemblée générale annuelle des 193 Etats membres, hésite cependant sur l'attitude à adopter face à l'épidémie. L'OMS n'a pas pour le moment déclaré l'état de pandémie car "nous ne voyons pas le virus se répandre dans l'hémisphère sud de la même manière que dans les trois premiers pays touchés", le Mexique, les Etats-Unis et le Canada, a expliqué un collaborateur de la directrice générale, Margaret Chan.

"L'implication de la phase 6 serait disproportionnée avec la situation actuelle", a déclaré à l'AFP Antoine Flahaut, épidémiologiste et directeur de l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP). Les hésitations portent surtout sur le système d'alerte de l'OMS qui, comme l'organisation ne cesse de le répéter, illustre uniquement la portée géographique de l'épidémie sans un mot sur sa sévérité.

Construit en partie sur l'expérience de 1918 de la grippe espagnole, le plan de lutte contre une épidémie grippale élaboré par l'OMS avait été revu il y a trois ans pour faire face à une pandémie du virus H5N1 de la grippe aviaire, beaucoup plus mortel et virulent que le virus A(H1N1), mais moins contagieux. Ces doutes sont par ailleurs alimentés par la similitude des symptômes entre la grippe porcine et la grippe classique.

Sur le même sujet