Israël officiellement satisfait

Le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou se dit satisfait. Selon un communiqué officiel, il "espère que le discours ouvrira une ère de réconciliation entre Israël et le monde arabo-musulman".

Renée-Annne Gutter
Israël officiellement satisfait
©AP

Correspondante à Jérusalem

Le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou se dit satisfait. Selon un communiqué officiel, il "espère que le discours ouvrira une ère de réconciliation entre Israël et le monde arabo-musulman". Israël "s’est engagé à œuvrer pour la paix" et " aidera à en élargir le cercle", conformément toutefois à " ses intérêts de sécurité nationale". Dans un communiqué séparé, le ministre de la Défense, Ehoud Barak, se félicite de l’encouragement donné par le président américain "aux parties modérées en quête de paix".

Mais pas un mot sur la question épineuse des exigences américaines - gel de la colonisation juive et création d’un Etat palestinien. Et pour Benjamin Netanyahou, le problème reste entier. D’autant plus que c’est devant le monde arabe et musulman réuni, cette fois, que Barack Obama a martelé ces exigences. Certes, beaucoup dans l’entourage de M. Netanyahou estiment qu’il s’est agi d’un discours hardi. Jamais un leader mondial n’avait si clairement évoqué - et cela dans une capitale arabe, de surcroît - le lien "inébranlable" entre les Etats-Unis et Israël, et n’avait si explicitement appelé le monde arabe à accepter le caractère indéniable de la Shoah et à reconnaître la légitimité de l’Etat juif.

Mais M. Obama a mis la persécution des juifs sur pied d’égalité avec les souffrances qu’endurent les Palestiniens depuis la création de l’Etat juif. Jugeant ces souffrances "tout aussi indéniables", il a promis que "l’Amérique ne tournera pas le dos aux aspirations légitimes des Palestiniens pour la dignité et pour un Etat qui leur est propre".

Par ailleurs, il a appelé les Palestiniens à abandonner la violence, et notamment le Hamas à reconnaître le droit d’existence d’Israël. Mais les Israéliens l’ont surtout entendu souligner que la colonisation juive était "illégitime", qu’ "il était temps qu’Israël y mette fin", que l’unique solution était la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël, et que lui-même s’engageait à y œuvrer "avec toute la patience et le dévouement nécessaires".

La droite israélienne s’insurge donc. Israël paie le prix de son propre "défaitisme, disent les colons, Hussein Obama donne la priorité aux mensonges arabes, qui ont toujours été clamés haut et fort, au détriment de la vérité juive qui est énoncée d’une voix faible et hésitante." Ils appellent M. Netanyahou à rejeter "en juif fier" l’Histoire "fabriquée" par Obama, qui compare les souffrances juives aux souffrances que les Palestiniens, selon les colons, se sont infligées à eux-mêmes en déclarant la guerre à Israël.

La gauche, par contre, voit dans le discours "une inspiration, un optimisme et un élan qui avaient disparu du Moyen-Orient". Pour les Palestiniens, le discours est "un bon début", mais ils attendent de voir ce que fera M. Obama si Israël reste opposé à un Etat palestinien et au gel de la colonisation. L’émissaire américain, George Mitchell, revient déjà la semaine prochaine à Jérusalem et Ramallah pour activer les choses.