En position de force face au virus

Le virus se propage mais nous le maintenons sous très étroite surveillance. Aucune pandémie antérieure n’a été décelée aussi tôt ni surveillée d’aussi près, en temps réel, dès le tout début.Vers notre dossier spécial

L. D.
En position de force face au virus
©D.R.

Le virus se propage mais nous le maintenons sous très étroite surveillance. Aucune pandémie antérieure n’a été décelée aussi tôt ni surveillée d’aussi près, en temps réel, dès le tout début. Le monde peut maintenant recueillir le fruit des investissements consentis depuis cinq ans pour la préparation en cas de pandémie. Nous avons une longueur d’avance. Ce qui nous place en position de force. Mais c’est également pour cela que l’on sollicite notre avis et que l’on nous demande de rassurer car les données dont on dispose sont limitées et l’incertitude scientifique reste considérable".

Ainsi s’est exprimée le Dr Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), alors qu’elle venait d’annoncer, jeudi soir, sa décision d’élever le niveau d’alerte à la pandémie de grippe de la phase 5 à la phase 6. Rassurer, tout en restant vigilant face aux grandes incertitudes qui demeurent quant à l’évolution du virus, telle est l’attitude aujourd’hui prônée. Car incertitudes il y a assurément. Comme l’a encore souligné la numéro un de l’agence onusienne, "les virus dictent leurs propres règles et comme tous les virus grippaux, celui-ci peut modifier les règles, sans rime ni raison, à tout moment".

Ce que nous savons, en revanche, c’est que le nouveau virus H1N1 infecte de préférence des personnes jeunes. "Dans pratiquement toutes les régions qui ont connu des flambées importantes et durables, la majorité des cas sont survenus chez des personnes de moins de 25 ans. Dans certains de ces pays, près de 2 % des sujets ont présenté des symptômes graves, évoluant souvent très rapidement vers une pneumonie engageant le pronostic vital. La plupart des cas d’infection graves et mortels ont touché des adultes entre 30 et 50 ans".

Alors, quelles sont les recommandations aujourd’hui édictées par l’OMS ? Selon la situation des pays et plus précisément le niveau de propagation du virus, elles diffèrent. Les pays qui n’enregistrent pas de cas ou peu de cas doivent rester vigilants. Ceux où la transmission est étendue devraient paradoxalement réduire leurs efforts de détection pour se concentrer sur la prise en charge appropriée des patients. Au lendemain de l’annonce officielle de la pandémie, un certain nombre de gouvernements affichaient calme et détermination, n’exprimant pas l’intention de changer les dispositifs mis en place.

Quant à l’OMS, elle a fait savoir que les pays en développement dont les infrastructures sanitaires sont insuffisantes et où manquent les antiviraux seront le premier front du combat. Si les cas décelés aux Etats-Unis, au Canada ou en Europe sont pour la plupart bénins, les experts craignent en effet que la maladie ne s’avère autrement plus catastrophique pour des populations défavorisées déjà exposées à la malnutrition ou à des affections comme l’asthme, le diabète ou le sida. "La première préoccupation de l’OMS est de renforcer et de soutenir les systèmes sanitaires des pays ayant moins de ressources. Les systèmes de santé doivent être en mesure de prévenir, de déceler, de traiter et d’atténuer les affections dues au virus", soulignait vendredi l’agence de l’Onu.