Nouvelle manifestation pro-Moussavi à Téhéran

Les partisans du candidat malheureux à la présidentielle Mir Hossein Moussavi devaient de nouveau manifester mercredi à Téhéran, au moment où les arrestations de politiciens et d'intellectuels réformateurs se multipliaient. Les manifestations en vidéoWashington intervient auprès de TwitterA Téhéran, l’épreuve de force se durcit Moussavi appelle à une marche Mise en garde des médias en ligne "Plus qu’une fraude : un coup d’Etat" Les manifestations en images

AFP
Nouvelle manifestation pro-Moussavi à Téhéran
©Photonews

Face à la plus importante contestation populaire depuis la révolution islamique de 1979, les autorités ont accusé des médias étrangers d'être les "porte-parole" des "émeutiers" et limité leur couverture, ont protesté auprès d'ambassadeurs et évoqué des "complots" des ennemis de l'Iran.

La communauté internationale a exprimé son inquiétude quant à la situation à Téhéran, théâtre de manifestations et de heurts parfois sanglants depuis l'annonce samedi de la réélection de l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, une victoire contestée par M. Moussavi soutenu par les réformateurs.

Après leur marche dans le calme mardi, les supporteurs de M. Moussavi se sont donné le mot d'ordre d'un nouveau rassemblement mercredi à 17H00 locales (13H30) sur la place Haft-é Tir, l'une des principales du centre de Téhéran, malgré l'interdiction des manifestations par les autorités.

Le mot d'ordre était relayé par des e-mails dont l'un disait: "Marche de protestation contre les résultats des élections. Place Haft-é Tir à 17H00. Transmettez à d'autres par e-mail ou téléphone. Le rassemblement se tiendra en silence et sans slogan".

M. Moussavi a appelé à une marche et à une journée de deuil jeudi pour les sept civils morts lundi à Téhéran dans des heurts entre manifestants et miliciens islamistes alliés du pouvoir, selon son site internet. "M. Moussavi demande au peuple iranien à se rassembler dans les mosquées et tenir des marches pacifiques pour consoler les familles des martyrs et blessés dans les récents évènements", selon le site qui précise que le candidat participera à "une cérémonie" à cet effet.

Depuis samedi, des manifestations de protestation se déroulent tous les jours, la plus imposante ayant eu lieu lundi avec des centaines de milliers de manifestants dans les rues.

La victoire écrasante de M. Ahmadinejad (63% des voix au 1er tour) face à son principal rival, M. Moussavi (34%), a été contestée par ce dernier et les candidats réformateur Mehdi Karoubi et conservateur Mohsen Rezaï qui ont déposé plainte auprès du Conseil des gardiens de la constitution pour irrégularités.

Le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui a qualifié la réélection de M. Ahmadinejad, 52 ans, comme une "grande fête", a concédé ensuite qu'un recomptage partiel des résultats sujets à caution pourrait être nécessaire.

Le Conseil des gardiens de la Constitution doit rendre au plus tard dimanche un avis sur un recomptage ou pas.

M. Ahmadinejad a quant à lui réaffirmé que sa réélection était la preuve de la confiance du peuple. "Le résultat de la l'élection confirme le travail du neuvième gouvernement, un travail basé sur l'honnêteté et le service du peuple", a-t-il dit en allusion à son premier mandat (2005-2009).

Mais entre-temps le régime n'a pas cessé d'arrêter des politiciens, conseillers, analystes et journalistes réformateurs qui soutiennent M. Moussavi, 67 ans.

L'universitaire et sociologue Hamid Reza Jalaïpour, et l'économiste et analyste Saïd Laylaz, ont été arrêtés à leurs domiciles respectifs, selon leurs proches. Selon le quotidien Etemad Melli, un ex-porte-parole du ministère de l'Intérieur Jahanbakhsh Khanjani et les journalistes Abdolreza Tadjik, Mahsa Amrabadi et Shiva Nazarahari, ont aussi été interpellés.

La veille, le ministre des Renseignements Gholam Hossein Mohseni Ejeie avait annoncé l'arrestation de 26 "cerveaux" responsables des "troubles", comme le pouvoir qualifie les manifestations. Les autorités ont aussi accentué leurs critiques contre les médias étrangers. Les Affaires étrangères ont ainsi accusé des médias étrangers d'être les "porte-parole" des "émeutiers" et averti que ces "ennemis" seraient mis "échec et mat".

Déjà, la presse étrangère est interdite depuis mardi de couvrir les manifestations "illégales" ou tout événement ne se trouvant pas "au programme" du ministère de la Culture.

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