Les pirates adaptent leur stratégie aux mesures de prévention

Le détournement du Pompei, à environ 185 km des côtes des îles Seychelles, l’avait déjà en partie démontré : les pirates somaliens adaptent leur stratégie en fonction des mesures de prévention mises en place par les nations industrialisées pour contenir et éradiquer leur trafic.

(D’après AFP et AP)

Le détournement du Pompei, à environ 185 km des côtes des îles Seychelles, l’avait déjà en partie démontré : les pirates somaliens adaptent leur stratégie en fonction des mesures de prévention mises en place par les nations industrialisées pour contenir et éradiquer leur trafic. Ainsi, le Bureau maritime international (BMI) expliquait récemment que les pirates somaliens, en raison de l’absence de navires de guerre dans ces régions, ont déplacé leurs attaques vers des zones situées au sud de la mer Rouge et au large d’Oman. "Les deux nouvelles zones se situent vers Bab Al Manded, au sud de la mer Rouge et dans la mer d’Arabie, au large d’Oman " , a déclaré Noel Choong, directeur du centre de surveillance du BMI, basé à Kuala Lumpur. Le BMI a recensé huit attaques dans ces zones au cours des deux dernières semaines, précisant que les pirates attaquaient de nuit. " Les pirates élargissent leur zone d’action, au-delà du Golfe d’Aden. Les mauvaises conditions météorologiques sur la côte est de la Somalie, en raison de la mousson, les poussent à lancer leurs attaques dans deux nouvelles zones ", a aussi justifié Noel Choong.

Ce déplacement des activités des pirates somaliens a été confirmé par la marine américaine qui a averti le 9 juin que la zone sud de la mer Rouge était une nouvelle cible potentielle des pirates somaliens, ce qui menacerait l’une des routes commerciales les plus empruntées au monde. Selon la Ve flotte américaine basée à Bahreïn, les pirates somaliens ont récemment multiplié les attaques nocturnes et élargi leur zone d’opération avec l’aide de "bateaux mères" qui leur permettent de frapper loin des côtes.

Autre évolution plus inquiétante encore, les pirates somaliens qui continuent à attaquer les bateaux dans les eaux du Golfe d’Aden utilisent maintenant les réfugiés fuyant la Somalie comme boucliers, selon des témoignages recueillis par des organisations humanitaires. D’après celles-ci, le phénomène, qui est nouveau, a commencé en début d’année. Il a donc coïncidé avec le renforcement par la communauté internationale de sa présence militaire dans la région pour lutter contre les actes de piraterie. Les pirates amarrent leurs skiffs (embarcations rapides) au bateau transportant les réfugiés et se cachent parmi ceux-ci pendant que les passeurs, au lieu de filer droit sur la côte yéménite, se mettent à la recherche de bateaux isolés, a expliqué Francisco Otero Villar, chef de mission de Médecins Sans Frontières/Espagne au Yémen. Dès qu’ils ont trouvé une proie, les pirates remontent dans leurs skiffs et passent à l’action.

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