Pas d’impunité pour les pirates

Les membres de l’équipage du Pompei ont été libérés dimanche après 71 jours aux mains de pirates somaliens. C’est la délivrance pour les otages, le soulagement pour leur famille et la satisfaction pour les négociateurs du gouvernement et des sociétés propriétaires. On ne peut que se réjouir de cette issue.

Les membres de l’équipage du Pompei ont été libérés dimanche après 71 jours aux mains de pirates somaliens. C’est la délivrance pour les otages, le soulagement pour leur famille et la satisfaction pour les négociateurs du gouvernement et des sociétés propriétaires. On ne peut que se réjouir de cette issue.

Au-delà de ce sentiment bien naturel, apprendre que cette libération n’a été rendue possible que moyennant la remise d’une rançon heurte les consciences. Car pareille pratique équivaut à donner une prime aux ravisseurs et risque de les encourager, eux ou leurs coreligionnaires, à récidiver.

Dans le cas d’espèce et sous réserve d’éclaircissements ultérieurs, c’est les entreprises privées qui ont été contraintes d’agir de la sorte et l’ont fait en connaissance de cause, c’est-à-dire avec la préoccupation très honorable de sauver d’abord la vie de leur personnel. On pourrait donc considérer, en l’état actuel de la connaissance du dossier, que l’honneur de l’Etat, de la puissance publique, est sauf. D’autant qu’il semble que la négociation a été menée habilement. En outre, à l’hypocrisie de certains dirigeants d’autres Etats qui se scandalisent de l’évocation d’une rançon alors qu’ils en octroient sous une autre appellation, on préfère encore la sincérité des autorités belges.

Mais pour qu’au sentiment de capitulation face aux ravisseurs, ne se greffe pas celui de l’impuissance, les autorités se grandiraient à combattre l’impunité en débusquant les suspects et en les jugeant en Belgique.

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