Première application de la nouvelle loi

La capture du premier bateau belge détourné par des pirates somaliens, le 18 avril, avait suscité l’émotion dans le monde maritime et ouvert un débat dans les milieux politiques visant à trouver la meilleure prévention à la répétition de pareil acte, alors que les détournements de bateaux ne cessaient de se multiplier au large des côtes somaliennes.

Gérald Papy

La capture du premier bateau belge détourné par des pirates somaliens, le 18 avril, avait suscité l’émotion dans le monde maritime et ouvert un débat dans les milieux politiques visant à trouver la meilleure prévention à la répétition de pareil acte, alors que les détournements de bateaux ne cessaient de se multiplier au large des côtes somaliennes.

Ainsi, le 30 avril, le gouvernement décidait d’offrir aux compagnies maritimes opérant dans l’océan Indien la possibilité d’accueillir à bord de leur bâtiment des militaires belges armés. Certes, cette stratégie était jugée controversée par certains qui mettaient en avant la dangerosité accrue que faisait peser sur les équipages ce recours. Mais le gouvernement y voyait un début de solution - même temporaire - à la recrudescence de la criminalité maritime. D’autant que l’Opération Atalanta, de déploiement dans l’océan Indien de navires militaires de l’Union européenne en coopération avec l’Otan et les Etats-Unis, certes utile et dissuasive, ne permettait pas de garantir la sécurité de l’ensemble des navires commerciaux empruntant cette voie très fréquentée.

Dimanche, le ministre belge de la Défense Pieter De Crem a annoncé que cette nouvelle législation connaîtrait une première application dans les prochains jours. Mais il n’a pas donné davantage de détails sur le bénéficiaire et les modalités.

D’autres requêtes, en vertu de la législation sur la protection des navires contre la piraterie, s’étaient vues récemment opposer une fin de non-recevoir. En cause, en l’occurrence, le fait que les bâtiments pour lesquels une protection avait été démandée par la société belge Jan De Nul, battaient pavillon... luxembourgeois. Un accord avait même été signé pour le déplacement de l’un d’entre eux, "L’Aigle", entre l’île Maurice et le sultanat d’Oman, avant qu’après examen du dossier, la protection soit refusée pour cette raison.

Dimanche, les autorités belges ont expliqué qu’une frégate grecque de l’Opération Atalanta avait été chargée d’assurer la sécurité du Pompei pour son voyage de retour, en tout cas, jusqu’à un port " jugé sûr ", non autrement identifié. Cette coopération ne s’est pas établie sans une forte insistance du gouvernement belge puisque ce n’est qu’à l’issue d’une deuxième requête en ce sens que l’état-major d’Atalanta y a répondu favorablement. Cela n’a cependant pas semblé émouvoir outre mesure le ministre Pieter De Crem qui a mis la réticence initiale sur le compte de l’ampleur de la tâche et de la zone couverte par l’Opération Atalanta.

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