Vaccin protecteur à plus d'un titre ?

Certes, il ne s'agit là que de "résultats préliminaires" à "considérer avec prudence", comme ont eu l'honnêteté de le préciser les auteurs de l'étude publiée mercredi dans le "British Medical Journal". Le vaccin contre la grippe classique serait relativement efficace contre A/H1N1.Vers notre dossier spécial

Vaccin protecteur à plus d'un titre ?
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L.D.

Certes, il ne s'agit là que de "résultats préliminaires" à "considérer avec prudence", comme ont eu l'honnêteté de le préciser les auteurs de l'étude publiée mercredi dans le "British Medical Journal". Il n'empêche, les résultats, bien qu'observés sur un nombre limité de patients, n'en demeurent pas moins intéressants.

D'après cette étude menée au Mexique, il semble que le vaccin contre la grippe saisonnière offre "une certaine protection" contre la grippe A/H1N1. Pour en arriver à cette constatation, les chercheurs, dont l'équipe était conduite par l'épidémiologiste mexicain Jose Luis Valdespino, ont comparé, de mars à mai 2009, 60 patients de l'Institut national des maladies respiratoires à Mexico atteints de la grippe A/H1N1, et 180 autres patients, souffrant de divers problèmes de santé. Il en est ressorti que les personnes du groupe témoin, en l'occurrence non infectées par la grippe A/H1N1, avaient été davantage vaccinées contre la grippe saisonnière que les patients infectés par le virus A/H1N1. Ils en ont déduit que le vaccin contre la grippe classique pourrait offrir une certaine protection contre le nouveau virus.

Autre constat : le nombre de décès était nettement moins élevé parmi les personnes vaccinées.

L'explication des chercheurs quant à cette protection partielle offerte par le vaccin saisonnier ? Elle tiendrait dans le fait que ce dernier "renforce les anticorps chez les individus antérieurement exposés à un virus grippal similaire, soit par infection, soit par vaccination". Rappelons à ce propos que les virus H1N1 ont en effet circulé parmi la population humaine de 1918 à 1957, puis à nouveau en 1977. Raison pour laquelle on avance que les personnes ayant vécu ces années-là seraient mieux protégées contre le présent virus.

Si ces résultats méritaient d'être signalés, les auteurs de l'étude insistent néanmoins sur le fait que "l'échantillon étudié est limité et particulier, puisqu'il ne s'agit que de malades d'un hôpital spécialisé dans les maladies respiratoires". Aussi suggèrent-ils de conduire des études similaires dans d'autres cadres afin de confirmer ou de réfuter ces résultats.

Faut-il pour autant considérer que la vaccination saisonnière pourrait remplacer le vaccin contre la grippe A/H1N1 ? En aucun cas, avertissent encore les chercheurs. En ce qui concerne ce dernier, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait savoir que ce vaccin constitue "la meilleure arme contre la grippe A/H1N1 même si quelques effets secondaires mineurs causés par l'injection ont été observés". Il semblerait en effet que, sur les 39 000 personnes d'ores et déjà vaccinées en Chine, quatre ont souffert d'effets non désirés, comme des crampes musculaires ou des maux de tête. "Il faut s'attendre à des effets indésirables de ce type", a commenté un porte-parole de l'OMS, "notamment dans le cas où les campagnes de vaccination portent sur un grand nombre de personnes".

La vaccination du personnel médical qui vient de commencer aux Etats-Unis pourrait être l'occasion d'observer d'éventuels nouveaux effets secondaires. Les autorités américaines espèrent vacciner plus de la moitié de la population, soit quelque 150 millions d'habitants en l'espace de quelques mois.

© La Libre Belgique 2009