Van Rompuy, premier Président du Conseil européen

Van Rompuy a été choisi comme Président du Conseil européen et Catherine Ashton à la Diplomatie. Sa présidence durera 2 ans et demi, renouvelable une fois maximum. Il entre en fonction, en même temps que le traité, le 1er décembre prochain. Retrouvez demain dans la Libre Belgique un dossier spécial Van Rompuy : son élection à la tête de l'Europe, les diverses réactions ainsi que les conséquences sur le gouvernement fédéral.Le discours de Van RompuyCD&V : "Un honneur pour le pays, le parti, et pour lui-même"Le cdH félicite Van Rompuy et parle de fait historiqueLes réactions de Didier Reynders et Charles MichelBarroso : "La nomination de Van Rompuy, un hommage à la Belgique"Van Rompuy reçoit les félicitations de VerhofstadtLa voie ouverte pour un retour d'Yves LetermeDurant: "On peut être fier pour la Belgique"Drôle de moine, ce Van RompuyLes réactions du PSCatherine Ashton: une novice en diplomatie mais appréciée à Bruxelles

Van Rompuy, premier Président du Conseil européen
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Le Premier ministre belge Herman Van Rompuy a été désigné jeudi soir premier président de l'Union européenne par ses pairs, avec l'ambition d'aider à mieux faire entendre la voix de l'Europe dans le monde face aux Etats-Unis et aux puissances émergentes comme la Chine.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, réunis en sommet à Bruxelles, ont aussi pris la décision de nommer une femme, la Britannique Catherine Ashton, au poste de Haut représentant de l'UE aux affaires étrangères.

"M. Van Rompuy est le nouveau président", a indiqué une source diplomatique tchèque. Les dirigeants, réunis en sommet à Bruxelles, "ont pris la décision de nommer M. Van Rompuy", a indiqué une autre source diplomatique européenne.

"Mme Ashton a été désignée", a également indiqué l'une de ces sources. Catherine Ashton, une travailliste de 53 ans, va prendre la succession de l'Espagnol Javier Solana, mais avec un portefeuille aux pouvoirs nettement élargis. Elle sera en même temps vice-présidente de la Commission européenne.

Une annonce officielle devait être fait plus tard dans la soirée.

Ces deux postes sont créés par le traité de Lisbonne. Ils sont censés permettre à l'Europe de faire mieux entendre sa voix sur la scène internationale face aux Etats-Unis, et aux autres grands pays émergents comme la Chine ou l'Inde.

M. Van Rompuy, 62 ans, avec sa présidence stable pour un mandat de deux ans et demi renouvelable une fois, va remplacer le système actuel de présidence tournante tous les six mois, qui donnait le tournis à tout le monde.

Toutefois, en choisissant deux personnalités peu connues même en Europe, la tâche ne s'annonce pas simple. M. Van Rompuy, un chrétien-démocrate flamand, dirige le gouvernement belge depuis un peu plus d'un an. Il s'est fait une réputation dans son pays par sa capacité à nouer des compromis entre les différentes communautés linguistiques, francophone et flamande.

Ses opinions sur les questions européennes sont encore peu connues. Mais il passe pour être plutôt un fédéraliste européen. Il a évoqué la semaine dernière l'idée d'un impôt vert européen, pour alimenter le budget de l'UE, s'attirant immédiatement les foudres de la presse eurosceptique britannique.

Cette dernière a aussi ressorti un discours prononcé en 2004 par l'intéressé, dans lequel, alors qu'il était dans l'opposition en Belgique, il jugeait que la Turquie ne pourrait jamais entrer dans l'UE. Londres soutient à l'inverse l'adhésion d'Ankara.

Mme Ashton est elle une novice en diplomatie. Elle occupe aujourd'hui le poste de commissaire européenne britannique, chargée des dossiers commerciaux.

Le poste de "ministre" européen des Affaires étrangères avait été d'abord proposé au chef de la diplomatie britannique David Miliband, mais ce dernier avait refusé, préférant se consacrer à la politique intérieure.

Le choix de ces deux responsables peu connus n'a pas été du goût de tous. "Les Britanniques voulaient tuer le poste (de Haut représentant) ils ont réussi" en y faisant désigner une personnalité sans grande expérience diplomatique, a critiqué un diplomate d'un grand pays européen.

"On va perdre cinq ans" pour mettre en place une diplomatie européenne ambitieuse, a-t-il ajouté. Plusieurs diplomates estimaient que les grands pays de l'UE, France, Allemagne, Grande-Bretagne en particulier, allaient ainsi garder largement le contrôle des affaires diplomatiques de l'Europe. Et que le nouveau président ne leur ferait pas d'ombre.

Du 16 au 175, rue de la Loi

Agé de 62 ans, le premier ministre belge, inconnu sur la scène européenne il y a un an encore, devient ainsi le premier président permanent du Conseil européen, une des deux nouvelles fonctions créées par le Traité de Lisbonne qui entrera en vigueur le 1er décembre prochain.

Il devrait, en théorie, quitter ses fonctions de Premier ministre d'ici cette échéance, ouvrant ainsi l'épineuse question de sa succession au Seize rue de la Loi. Président permanent du Conseil, M. Van Rompuy restera toutefois rue de la Loi, mais à l'autre bout, au numéro 175, au Juste Lipse, siège du Conseil de l'UE.

Dans ses nouvelles fonctions, il aura pour mission de préparer et gérer les réunions régulières des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union et chercher les consensus. La désignation du premier ministre belge au sommet de l'Union intervient après les échecs successifs, en 1994 et 2004, de Jean-Luc Dehaene et Guy Verhofstadt, tous deux candidats à la présidence de la Commission européenne. Le dernier Belge à avoir exercé une haute fonction européenne fut le libéral Jean Rey, qui présida la Commission européenne de 1967 à 1970.


Il prendra ses nouvelles fonctions le 1er janvier Herman Van Rompuy, désigné jeudi soir président du Conseil européen, a indiqué qu'il assumerait ses nouvelles fonctions à partir du 1er janvier. Bien que le traité de Lisbonne entrera en vigueur dès le 1er décembre, M. Van Rompuy ne sera investi de son nouveau rôle qu'un mois plus tard. En vertu d'un accord conclu l'an dernier, il a en effet été prévu de laisser au pier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt -qui assure ce semestre la dernière présidence tournante du Conseil européen- le soin d'achever sa tâche. Le prochain sommet européen des 10 et 11 décembre sera donc encore dirigé par M. Reinfeldt. Quant à Herman Van Rompuy, il disposera d'un mois de plus pour se préparer à ses hautes responsabilités. Il a d'ores et déjà fait part aux journalistes de son intention de travailler dans la plus grande discrétion. Quant aux problèmes belgo-belges, il les cédera à son successeur, lequel "pourra toujours compter sur mon avis", a-t-il assuré.

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