Gaza : l’Europe doit agir

Après Bernard Kouchner et d’autres ministres européens des Affaires étrangères, c’est donc Charles Michel qui s’est vu refuser ce week-end l’accès à Gaza, où le ministre belge de la Coopération au développement entendait évaluer sur le terrain l’avancée des projets réalisés par deux agences de l’ONU, aidées financièrement par la Belgique, au profit des populations palestiniennes.

Après Bernard Kouchner et d’autres ministres européens des Affaires étrangères, c’est donc Charles Michel qui s’est vu refuser ce week-end l’accès à Gaza, où le ministre belge de la Coopération au développement entendait évaluer sur le terrain l’avancée des projets réalisés par deux agences de l’ONU, aidées financièrement par la Belgique, au profit des populations palestiniennes. Cette attitude des autorités israéliennes est inacceptable et périlleuse. Inacceptable car elle contribue à dissimuler aux yeux du monde les conditions de vie réelles dans la bande de Gaza, où la situation sanitaire, économique et sociale a empiré depuis l’opération "Plomb durci" menée par Tsahal en janvier 2009 dans la bande de Gaza. Périlleuse car si Israël a un droit légitime à assurer sa sécurité et à l’autodéfense, sa position ne fera qu’alimenter la frustration, la colère et le désespoir des populations concernées et offrira un terreau favorable aux islamistes radicaux qui ne veulent pas d’une solution politique ou négociée au problème israélo-palestinien. On le sait, Barack Obama patine dans ce dossier du Proche-Orient. L’Europe ne doit pas en prendre prétexte pour se résoudre à l’immobilisme. Elle doit user de son influence à court terme pour forcer la réouverture des couloirs humanitaires vers Gaza. C’est l’urgence du moment. Et à plus long terme tenter de remettre les interlocuteurs autour de la table dans le cadre d’un processus de paix durable.