Toujours plus de jeunes chômeurs

Le taux mondial, soit 13 %, est “le plus haut jamais enregistré”, affirme l’OIT. Même si la (triste) réalité est connue, certains constats interpellent plus que d’autres.

Toujours plus de jeunes chômeurs
© AFP
P. Lo.

Même si la (triste) réalité est connue, certains constats interpellent plus que d’autres. Le taux mondial du chômage des jeunes a atteint son "plus haut niveau jamais enregistré" et devrait continuer d’augmenter en 2010, annonce l’Organisation internationale du travail dans un rapport publié à l’occasion de l’ouverture, ce jeudi, de l’Année internationale de la jeunesse.

Sur les 620 millions de jeunes économiquement actifs, âgés de 15 à 24 ans, 81 millions étaient sans emploi fin 2009. C’est 7,8 millions de plus qu’en 2007. Le taux de chômage moyen des jeunes est passé dans le monde de 11,9 % en 2007 à 13 % en 2009. En Belgique, la situation est plus préoccupante encore. Alors que la moyenne européenne tourne autour de 17 %, le taux de chômage moyen des jeunes s’élève à 21 %, soit 12,5 % en Flandre, 31 % en Wallonie et 35 % à Bruxelles.

Ces tendances auront "de sérieuses conséquences pour les jeunes alors que des nouveaux arrivants sur le marché du travail viennent grossir les rangs de ceux qui sont déjà au chômage", précise le rapport qui met en garde contre "le risque d’une génération perdue, constituée de jeunes gens détachés du marché du travail et qui ont perdu tout espoir de pouvoir gagner décemment leur vie".

Selon l’OIT, la hausse du taux de chômage des jeunes devrait se poursuivre en 2010 pour atteindre 13,1 % puis décliner modérément pour atteindre les 12,7 % en 2011.

Dans les pays développés et dans des économies émergentes, l’impact de la crise sur les jeunes se fait surtout ressentir en termes de chômage et de troubles sociaux "qui vont de pair avec le découragement et l’inactivité prolongée". D’autre part, dans les économies en développement où vivent près de 90 % des jeunes, les jeunes sont plus vulnérables en termes de sous-emploi et de pauvreté, est-il précisé.

Le rapport du BIT souligne que le chômage, le sous-emploi et le découragement peuvent avoir des conséquences négatives à long terme sur les jeunes, compromettant notamment leurs perspectives d’emploi futur. L’étude met également en évidence le coût de l’oisiveté chez les jeunes, en soulignant que, d’une façon générale, "les sociétés n’investissent pas assez dans l’éducation".

"Les jeunes sont les moteurs du développement économique" rappelle à toutes fins utiles l’OIT. "Renoncer à ce potentiel est un gâchis économique et peut peser sur la stabilité sociale. La crise peut être une occasion de réévaluer les stratégies", conclut l’organisation.