Sacré feu sacré !

Le pasteur Terry Jones n’a donc finalement pas mis à exécution sa menace de brûler le Coran en public, confirmant l’adage selon lequel seuls les idiots ne changent pas d’avis - et en fait d’idiotie, le révérend Jones n’avait manifestement pas beaucoup de concurrence à redouter.

Sacré feu sacré !
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Le pasteur Terry Jones n’a donc finalement pas mis à exécution sa menace de brûler le Coran en public, confirmant l’adage selon lequel seuls les idiots ne changent pas d’avis - et en fait d’idiotie, le révérend Jones n’avait manifestement pas beaucoup de concurrence à redouter.

Lors d’une cérémonie de commémoration des attentats du 11 septembre au Pentagone, samedi, le président Obama n’en a pas moins pris la précaution de proclamer que les Etats-Unis "ne sont pas et ne seront jamais en guerre contre l’islam". On n’est jamais trop prudent.

Il est somme toute étonnant que les marchés boursiers ne se soient pas effondrés à l’annonce de l’autodafé que M. Jones voulait organiser. Car, pour le reste, on est abasourdi par le retentissement planétaire qu’ont pu avoir les propos illuminés d’un obscur pasteur de Gainesville, en Floride, et le vent de panique qu’ils ont soulevé de Kaboul à Washington. Si George W. Bush avait encore été au pouvoir, nul doute que les braves Dick Cheney et Donald Rumsfeld l’auraient convaincu de déclencher une frappe préventive (contre le pasteur ou contre les musulmans ?).

Tout cela est d’autant plus extraordinaire que si, quelque part, un quelconque imam avait exprimé l’intention de brûler la Bible, personne, nulle part, ne s’en serait ému. Il est vrai qu’entre la mutilation d’une jeune Afghane qui a refusé un mariage arrangé et la lapidation d’une mère de famille accusée de tous les crimes de l’Iran, on n’a plus vraiment le loisir de s’indigner pour du papier qui partirait en fumée. Les bûchers de l’Inquisition nous ont par ailleurs instruits sur la valeur à accorder au feu sacré qui peut parfois animer les détenteurs d’une vérité révélée.