Souffrance minimale

Qu’est-ce que ça peut bien être une pratique "minime" de la torture ? Retourner un ongle ? Glisser sous celui-ci une allumette craquée ? Retirer le tout brusquement avec une tenaille ? Plonger le doigt meurtri dans un bain d’acide ? Appliquer le même traitement à d’autres endroits du corps ? DOSSIER: la diplomatie pour les nuls

Souffrance minimale
©Photonews

Qu’est-ce que ça peut bien être une pratique "minime" de la torture ? Retourner un ongle ? Glisser sous celui-ci une allumette craquée ? Retirer le tout brusquement avec une tenaille ? Plonger le doigt meurtri dans un bain d’acide ? Appliquer le même traitement à d’autres endroits du corps ?

Est-ce une limitation dans le temps ? "Juste une heure", par exemple.

Est-ce une comparaison par rapport aux pratiques ayant cours ailleurs ?

Le gouvernement sénégalais ne se répand pas en détails. Sa réponse au rapport publié par Amnesty International et affirmant que "la torture des suspects se pratique couramment dans les commissariats sénégalais" se veut constructive. "Sans occulter l’existence de cette pratique, quoique minime," le Sénégal "renouvelle son engagement à ne ménager aucun effort pour [ ] l’éradication de la torture sous toutes ses formes". Minime aussi donc.

Ces cinq malheureux cas de décès chez des prisonniers de droit commun épinglés dans le rapport "Sénégal, terre d’impunité" ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir. Amnesty y précise, pour appuyer son propos abolitionniste, que dans au moins quatre de ces cas, "l’enquête n’a pas abouti à la traduction en justice des présumés coupables". On remarquera tout de même que si les suspects torturés étaient réellement coupables, l’affirmation est tout de suite moins surprenante.

La leçon de "prise du problème à bras-le-corps" que donnent ici les autorités sénégalaises vise en réalité le moyen terme. Dakar demande en effet le temps d’identifier les personnes contre lesquelles diriger les poursuites. Encore faut-il donc que la démarche soit sincère et qu’il ne s’agisse pas uniquement de déminer la bombe posée au pied des 1500000 touristes espérés en 2010 et qui pourraient se montrer, on ne sait jamais, regardant sur les conditions de vie dans le pays.

Mais la plupart des habitués des rapports d’Amnesty préfèrent se murer dans le silence ou dans la dénégation perpétuelle. Alors, à tout prendre

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