Des dollars à la pelle

Le gang est descendu mardi sur Wall Street. Yves Nolimit, Steve MacAckere et Flash Michel ont décidé d’en découdre avec les milieux financiers. Leur objectif ? Financer d’autres objectifs, ceux du millénaire pour le développement. Il faut des milliards de dollars pour transformer les pauvres du monde entier en riches consommateurs épanouis, ou pour en caresser à tout le moins l’espoir.

philippe Paquet
Des dollars à la pelle
©BELGA

Le gang est descendu mardi sur Wall Street. Yves Nolimit, Steve MacAckere et Flash Michel ont décidé d’en découdre avec les milieux financiers. Leur objectif ? Financer d’autres objectifs, ceux du millénaire pour le développement. Il faut des milliards de dollars pour transformer les pauvres du monde entier en riches consommateurs épanouis, ou pour en caresser à tout le moins l’espoir. Et cet argent, on peut le trouver dans les poches des nantis qui brassent des millions à longueur de journées.

Leur gourou le leur avait bien expliqué. “Les financements innovants, la taxation des transactions financières, nous pouvons le décider ici. Pourquoi attendre ? La finance s’est mondialisée; au nom de quoi nous ne demanderions pas à la finance de participer à la stabilisation du monde en prélevant sur chaque échange financier une taxe”, s’était interrogé lundi, à la tribune de l’Onu, le président Nick Nickel, qui sait que tous les chemins mènent à la Rome de la finance.

Les Belges lui ont emboîté le pas. Mieux, après avoir vidé deux ou trois godets à la buvette du Waldorf Astoria, ils vont jusqu’à revendiquer la paternité de l’initiative. Taxer le grand capital ? Etonnant tout de même de la part d’un libéral de souche comme Flash Michel, qui a déjà fait ses comptes : une “faible” taxe sur les principales opérations de change pourrait rapporter quelque 70 milliards de dollars par an, a-t-il confié à l’agence Belga. Mais au siège des Nations unies, les correspondants de presse se souviennent encore comment son père, Big Louie, s’était étranglé en apprenant qu’un potentat congolais voulait interdire les transactions en devises dans son pays. Indignation visionnaire car comment pourrait-on les taxer aujourd’hui, ces transactions, si elles n’existaient plus ?

Sagaces et prévoyants, Flash Michel et Steve MacAckere le sont également. Sachant que le “financement innovant”, c’est aussi une taxe sur les billets d’avion, ils ont pris les devants et ont insisté pour faire le voyage de New York en avion de ligne, plutôt que de monter à bord de l’Airbus de la force aérienne affrété par Yves Nolimit. Gaspillage des deniers publics ? Participation à la pollution de l’air que nous respirons ? Non, contribution (lointaine, mais hautement symbolique) au financement mondial de la coopération au développement.

Flash Michel avait déjà apporté une autre pierre à l’édifice avec sa visite éclair au Pakistan, la semaine dernière, parce que le “financement innovant” prévoit une taxe sur le tourisme, fût-il à caractère humanitaire.

© La Libre Belgique 2010