Un peu de discipline

Un homme peut-il battre sa femme et ses enfants ? La question est épineuse. Et pourtant, la Cour suprême des Emirats arabes unis n’a pas pris de gants, dimanche dernier, pour statuer que, oui, un homme a le droit de frapper femme et enfants, mais à la condition que ses coups ne laissent pas de traces physiques. DOSSIER: la diplomatie pour les nuls

Un peu de discipline
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Un homme peut-il battre sa femme et ses enfants ? La question est épineuse. Et pourtant, la Cour suprême des Emirats arabes unis n’a pas pris de gants, dimanche dernier, pour statuer que, oui, un homme a le droit de frapper femme et enfants, mais à la condition que ses coups ne laissent pas de traces physiques - faudrait pas trop abîmer la famille non plus... La plus haute juridiction émiratie a estimé que cette règle permet de maintenir la discipline dans une famille de type patriarcal, si les réprimandes verbales ne suffisent pas Elle se conforme ainsi à la charia, la loi islamique, partie intégrante de la législation locale. Piquée au vif, l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a regretté cette décision, preuve que la "violence" domestique est "acceptable", dit-elle. Chez le voisin saoudien, grand défenseur des vertus de la charia devant l’Eternel, les gants, on en prend encore moins, voire on en ignore l’usage - à moins qu’on ne les réserve à un usage moins conventionnel. Et ce, jusque dans les milieux (soi-disant) les plus nobles. L’un des nombreux petits-fils du roi Abdallah a été reconnu coupable, mercredi à Londres, du meurtre d’un domestique, qu’il avait battu et étranglé après une soirée arrosée et à caractère "sexuel". Il a été condamné à la prison à vie. On ne souvient aussi du calvaire enduré le mois dernier par l’employée sri-lankaise d’un couple saoudien, qui l’avait réprimandée en lui enfonçant une vingtaine de clous dans le corps. Dans un cas comme dans l’autre, des traces, il en restera. Dans les chairs et dans les cœurs.