Une élection "serrée"

Le président américain Barack Obama a affiché son optimisme quant aux chances des démocrates aux législatives de mardi, tout en reconnaissant que de nombreuses élections seraient "serrées", en entamant dimanche ce qui devrait être sa dernière journée de campagne. Dossier: Les élections de mi-mandat aux USA

Une élection "serrée"
©AP
AFP

Le président américain Barack Obama a affiché son optimisme quant aux chances des démocrates aux législatives de mardi, tout en reconnaissant que de nombreuses élections seraient "serrées", en entamant dimanche ce qui devrait être sa dernière journée de campagne.

M. Obama, qui a passé la nuit à Chicago (Illinois, nord), son fief électoral, après y avoir prononcé samedi soir un discours face à quelque 35.000 partisans, devait s'envoler en milieu de journée pour Cleveland (Ohio, centre) pour un ultime rassemblement, au côté de son vice-président Joe Biden.

Les deux dirigeants parcourent les Etats-Unis depuis des semaines afin de défendre les chances des démocrates, alors que les républicains semblent avoir nettement le vent en poupe et être en mesure d'obtenir la majorité à la Chambre des représentants.

Le Sénat, dont seul le tiers est renouvelé, devrait rester dans l'escarcelle des alliés de M. Obama, même si les républicains espèrent enlever plusieurs sièges.

C'est en particulier le cas du mandat de sénateur de l'Illinois que M. Obama avait détenu avant d'être élu président. Une victoire républicaine y serait particulièrement symbolique.

Le président a donné un nouveau coup de pouce dimanche matin au démocrate Alexi Giannoulias briguant ce siège, en allant prendre avec lui et le gouverneur Pat Quinn, qui tente de se faire réélire à la tête de l'Etat, un petit déjeuner dans un restaurant de Chicago.

"J'ai un bon pressentiment. Si la participation est bonne, Pat va gagner, Alexi va gagner. C'est la raison pour laquelle la participation est si importante", a déclaré M. Obama aux journalistes, après avoir demandé la veille à ses électeurs de 2008 de soutenir son camp.

"Il y a beaucoup d'enthousiasme" chez les démocrates, a-t-il estimé. "Mais cela va être serré. Ce sont des élections serrées. C'est vrai ici (dans l'Illinois), c'est vrai dans l'Ohio, c'est vrai dans tous les Etats où nous sommes dans la course. Et évidemment, les autres (les républicains) sont aussi enthousiastes. Il nous faut faire en sorte que notre camp le soit aussi", a ajouté le président.

Obama appelle ses électeurs de 2008 à le soutenir à nouveau

Le président Barack Obama a appelé samedi ses électeurs de 2008 à soutenir son camp lors des législatives de mardi, malgré la fin de l'euphorie née de son arrivée au pouvoir, clôturant une journée au pas de course par un discours dans son fief de Chicago. Face à quelque 35.000 personnes, selon le parti démocrate, rassemblées en début de soirée au "Midway Plaisance Park", le dirigeant américain a exhorté ceux qui l'avaient soutenu lors de sa campagne électorale à se déplacer à nouveau en masse mardi.

"Parce que si tous ceux qui ont combattu pour le changement en 2008 viennent voter en 2010, nous allons gagner cette élection. Et vous savez, beaucoup d'entre vous se sont impliqués en 2008 parce que vous pensiez que nous nous trouvions à un moment décisif de notre histoire", a expliqué le président.

Le parc en plein air dans lequel M. Obama s'exprimait se trouvait à quelques kilomètres du "Grant Park", où il avait prononcé le 4 novembre 2008 son premier discours de président élu après sa victoire historique. "Deux ans plus tard, je suis conscient que l'euphorie qui a été la nôtre à Grant Park est en train de s'estomper", a-t-il reconnu, alors que les sondages promettent aux républicains des gains substantiels en sièges aux deux chambres du Congrès, et une prise de contrôle quasi certaine de la Chambre des représentants.

M. Obama a reconnu que l'impopularité actuelle des démocrates était due à la crise économique et au chômage qui ne se réduit toujours pas, et que la campagne électorale, avec ses "publicités négatives", n'avait rien arrangé. "Peut-être perdez-vous la foi. Mais je veux que tout le monde le sache: ne laissez personne vous dire que ce combat n'en valait pas la peine", a-t-il lancé.

"Ne les laissez pas dire que vous n'avez pas déjà fait une différence", a encore dit M. Obama, en citant les réformes les plus marquantes de sa présidence, comme celles de l'assurance-maladie et de l'encadrement de Wall Street. "Je sais que les choses sont parfois dures, mais vous savez quoi ? Ce pays a été fondé sur la difficulté. Ce pays a commencé avec 13 colonies, et les gens disaient qu'elles n'avaient aucune chance contre l'Empire britannique", a-t-il rappelé.

Mais même après l'Indépendance, "ça a encore été dur. Et il a fallu abolir l'esclavage, obtenir le droit de vote pour les femmes, obtenir les droits syndicaux, nous battre contre la dépression (des années 1930), contre le fascisme et les divisions de notre propre pays", a-t-il développé.

"Le changement est contagieux. Et c'est cet état d'esprit dont nous avons besoin aujourd'hui", a souhaité M. Obama, qui est lancé dans une dernière tournée au galop à travers l'Est des Etats-Unis pour tenter de mobiliser sa base électorale malgré les vents contraires. Rien que samedi, avant Chicago, il a motivé un groupe de 1.600 jeunes démocrates à Philadelphie (Pennsylvanie, est) pour leur demander d'aller frapper à "20.000 portes" d'ici à mardi, et a prononcé un discours devant près de 10.000 personnes à Bridgeport (Connecticut, nord-est).

Il doit conclure son week-end dimanche par un nouveau grand rassemblement à l'appel du parti démocrate à Cleveland, dans l'Ohio (centre), Etat dont l'un des principaux visages du parti républicain dans cette élection, le chef de la minorité à la Chambre, John Boehner, est l'élu.