Le piège de la démocratie

Dans une caricature publiée par "The Pittsburgh Post-Gazette", l’éléphant qui symbolise le Parti républicain décline la proposition de l’ancien président George W. Bush de faire campagne pour lui.

Le piège de la démocratie
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Dans une caricature publiée par "The Pittsburgh Post-Gazette", l’éléphant qui symbolise le Parti républicain décline la proposition de l’ancien président George W. Bush de faire campagne pour lui. "Nous faisons comme si vous n’aviez jamais existé", lui lance l’animal, outré. Tout le paradoxe des élections américaines de la mi-mandat, ce mardi, réside dans cette boutade. Les maux dont on fait aujourd’hui grief à Barack Obama (la récession et le chômage, la crise financière et immobilière, l’Irak et l’Afghanistan ) sont pour la plupart un héritage de l’ère Bush. Les Américains semblent l’avoir oublié ou, s’ils s’en souviennent, ils reprochent au successeur du président républicain de n’avoir pas pu les guérir. Sans doute l’électorat américain n’a-t-il pas le monopole de l’ingratitude, de l’aveuglement, de l’irrationalité, ou de la bêtise. Il n’en est pas moins douloureux de voir M. Obama abandonné non seulement par beaucoup de ceux qui l’avaient triomphalement élu en 2008, mais aussi par nombre de candidats démocrates qui revendiquent maintenant leur "indépendance". Le président est victime d’une population qui, dans sa majorité, est traditionnellement trop ancrée à droite pour comprendre ses réformes, les soutenir et les mériter. Il l’est aussi d’un système absurde. Comment peut-on mener des politiques structurelles à long terme quand on retourne aux urnes tous les deux ans pour renouveler entièrement la Chambre et un tiers du Sénat ?

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