John Boehner: le nouveau visage de la Chambre des représentants

Adepte des déclarations énergiques et d'un bronzage impeccable, John Boehner, 60 ans, va devenir le nouveau visage de la Chambre des représentants américaine qu'il va très probablement présider après la victoire annoncée des républicains aux élections de mardi.

John Boehner: le nouveau visage de la Chambre des représentants
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Adepte des déclarations énergiques et d'un bronzage impeccable, John Boehner, 60 ans, va devenir le nouveau visage de la Chambre des représentants américaine qu'il va très probablement présider après la victoire annoncée des républicains aux élections de mardi. Regard bleu profond, teint halé et mèche soignée, John Boehner apparaît en grand sur la page d'accueil de son site internet.

Le visage de celui qui était jusqu'à maintenant le chef de la minorité démocrate est surmonté d'un slogan: "Se battre pour la liberté, faire la différence". La première phrase de sa biographie prévient: il "veut un Etat plus réduit et plus responsable". La deuxième est tout aussi claire: "John est un franc-tireur et le défenseur infatigable de la liberté et de la sécurité". Pour le reste, il s'en prend aux "gâchis" et défend les "petites entreprises".

M. Boehner devrait être élu en janvier à la tête de la Chambre des représentants, une institution qu'il connaît par coeur, succédant ainsi à la démocrate Nancy Pelosi, cheville ouvrière infatigable du programme législatif du président Barack Obama qui occupait le poste depuis quatre ans. D'origine modeste, ex-dirigeant d'une PME, M. Boehner, élu pour la première fois en 1990 au Congrès, a passé les deux dernières années à dénoncer la politique "tueuse d'emplois" des démocrates.

Opposant acharné de la politique présidentielle, il s'en est pris au déficit budgétaire de Washington, qu'il met sur le compte de l'étatisation de l'économie. "Votre gouvernement est hors de contrôle. Devez-vous l'accepter? Bien sûr que non. C'est à cela que servent les élections", lançait-il récemment à ses partisans dans son Etat de l'Ohio (nord). Cible privilégiée des démocrates depuis plusieurs semaines, M. Boehner a souvent été critiqué pour ses déclarations énergiques. Lors du débat sur la réforme de la régulation financière, il avait estimé que le texte revenait à "tuer une fourmi avec une arme nucléaire".

"Où sont les emplois?", a-t-il martelé aux quatre coins de l'Amérique pendant la campagne. Dans sa dernière ligne droite, ses collaborateurs ont mis en avant la première vie de cet homme issu d'une fratrie de 12 enfants. Enfant, "il faisait tout, la vaisselle, nettoyer le sol, dresser la table", a-t-on ainsi expliqué à l'AFP, sous couvert d'anonymat. Marié depuis 35 ans, père de deux enfants, il s'est attiré les sarcasmes des démocrates en raison de son bronzage permanent. M. Obama lui-même a usé de cette plaisanterie en l'appelant "un homme de couleur". Grand amateur de golf, M. Boehner a rétorqué que ce sport de plein air, ainsi que la pratique du VTT, lui donnaient ce teint.

Dans son bureau, au Congrès, il propose à ses visiteurs des tees gravés... à son nom. Architecte d'un programme de campagne intitulé la "Promesse pour l'Amérique", M. Boehner et ses amis républicains promettent de mettre fin aux "taxes qui tuent l'emploi", de réduire les dépenses publiques, d'abroger la réforme de la couverture santé adoptée il y a six mois.

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